Père Émilien Tardif
Padre Emiliano Tardif

Viajero de Dios

Jésus a fait de moi un témoin ( I )

 

Partie A

 

Jésus

a fait

de moi

un témoin


Père ÉmilienTardif

José    H. Prado Flores


ÉDITIONS INTER ÉDITIONS CAHIERS DU RENOUVEAU 450 est, rue Sherbrooke 31. rue de I’Abbé-Grégoire Montréal Paris 75006 imprimatur Nicolas de Jesus Lôpez Arcbevêque de Santo Domingo République Dominicaine 30 V 1984 Cum permiisu Superiorum: Dario Taveras, Provincial M.S.C. Couverture Maquette: Réalisations de Palma Photographie: Mia et Klaus Diffusion canadienne: QUÉBEC LIVRES 4435, boul. des Grandes Prairies Montréal (Québec) (514) 327-6900 Diffusion européenne: ÉDITIONS CAHIERS DU RENOUVEAU 31, rue de l’Abbé-Grégoire Paris 75006 Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays, sans la permission écrite de l’auteur.1984 Éditions Inter Enr. Dépôt légal: 4 trimestre 1984 Bibliothèque nationale du Québec Imprimé au Canada

 

PRÉSENTATION

I Tuberculose pulmonaire

Il - Nagua et Pimentel

A. Nagua
B. Pimentel

a) Première réunion
b) Deuxième réunion
c) Troisième réunion
d) Quatrième réunion
e) Cinquième réunion
f) Dimanche des Rameaux
g) La Semaine Sainte

III - Jésus est vivant

IV - Parole de science

V - La guérison

A. Maladie du corps et guérison physique
8) Jésus
b) L’ Église
c) Les Signes
d) Miracles et Guérisons
e) Prière pour les malades

B. Maladie du coeur et guérison intérieure
a) Racine du problème


Prière de guérison des souvenirs

b) Prière -
1) Au nom de Jésus
2) Par le sang de l’agneau
3) Par les plaies de Jésus
4) Prier en langues
5) Intercession de Marie
C. Maladie de l’esprit et réconciliation
D. Convalescence
a) La vie sacramentelle
b) La prière
c) La lecture de la Parole
d) La communauté
e) Le service

VI - La libération

A. L’oppression
B. L’obsession
a) La prière de libération
b) Auto libération
C. La possession

VII- Aides pour la guérison

A. Évangélisation
B. Foi et attente
C. Repentir
D. Pardon

E. Prière en communauté
F. Prière du malade
G. Intercession de Marie
H. Abandon
I. Prière en langues
J. Renoncement à Satan

VIII - Cinq lettres

IX - Le dernier voyage

I

TUBERCULOSE
PULMONAIRE

En 1973, j’étais provincial de ma Congrégation de Missionnaires du Sacré Cœur , en République Domini­caine. J’avais beaucoup travaillé abusant de ma santé pendant les seize années de ma mission dans le pays. Je passais alors beaucoup de temps à des tâches maté­rielles, construisant des chapelles, des séminaires, des centres de promotion humaine, de catéchèse etc. Toujours je cherchais de l’argent pour édifier des maisons et pour nourrir nos séminaristes. Le Seigneur m’a permis de vivre tout cet activisme et à cause de l’excès de travail, je suis tombé malade. Le 14juin de cette année 1973 lors d’une assemblée du Mouvement familial chrétien ,je me sentis mal, très mal. On dut me transporter immédiatement au Centre Médical National. J’étais si mal que je ne pensais pas pouvoir passer la nuit. Je crus réellement que j’allais mourir très vite. J’avais très souvent médité sur la mort, mais je n’en avais jamais fait l’expérience et, cette fois, je l’ai faite et je n’ai pas aimé ça. Les médecins me firent des analyses très précises, détectant une tuberculose pulmonaire aiguë. En voyant que j’étais si malade, je pensais rentrer à Québec au Canada, mon pays, là où vit ma famille. Mais, j’étais alors si faible que je ne pouvais pas le faire. Je dus attendre quinze jours et prendre un traitement avec des reconstituants pour faire le voyage. Au Canada, on me fit entrer dans un centre médical spécialisé où les méde­cins me réexaminèrent pour vérifier la nature de la maladie. Le mois de juillet passa en analyses, biopsies, radios etc. Tout cela confirma scientifiquement que la tuberculose pulmonaire aiguë avait produit de graves lésions dans les deux poumons. Pour me donner un peu de courage, ils me dirent que, peut-être, après un an de traitement et de repos, je pourrais rentrer chez moi. Un jour, je reçus deux visites très particulières. D’abord vint le prêtre qui dirige la Revue R.N.D. (Revue Notre Dame). Il me demanda la permission de me prendre en photo pour faire un article intitulé « Comment vivre avec sa maladie».Il n’avait pas sitôt pris congé qu’entrèrent cinq laies d’un groupe de prière du Renouveau Charismatique. En République Dominicaine, je m’étais beaucoup moqué du Renouveau affirmant que l’ Amérique Latine n’avait pas besoin du Don des Langues mais de promotion humaine, et voilà qu’ils venaient prier d’une manière désintéressée pour moi. C’étaient deux points de vue totalement différents:1e premier, pour me faire accepter ma maladie; le second pour ma guérison. En tant que prêtre missionnaire, je pensais qu’il n’ était pas très édifiant que je refuse leur prière. Mais, sincèrement je l’acceptais plus par éducation que par conviction. Je ne croyais pas qu’une simple prière pou­vait obtenir la santé. Eux, ils me dirent très convaincus: — « Nous allons faire ce que dit l’ Évangile “Ils imposeront les mains aux malades et ceux-ci seront guéris.” Ainsi allons-nous prier et le Seigneur va te guérir. » Aussitôt, ils s’approchèrent tout près de la chaise où j’étais assis et m’imposèrent les mains. Moi, je n’avais jamais rien vu de semblable et cela me déplut. Je me sentais ridicule sous leurs mains et j’étais ennuyé car les gens qui passaient dans le couloir nous voyaient par la porte restée ouverte. Alors, j’interrompis la prière et je leur proposai: — « Si vous voulez, nous allons fermer la porte» — « Oui, mon père, pourquoi pas, répondirent-ils. » Ils fermèrent la porte, mais Jésus était déjà entré. Pendant la prière, je sentis une forte chaleur dans les poumons. Je pensais que c’était une nouvelle crise de tuberculose et que j’allais mourir. Mais c’était la chaleur de l’amour de Jésus qui était en train de me toucher et de guérir mes poumons malades. Durant la prière, il y eut une prophétie. Le Seigneur me disait: « Je ferai de toi un témoin de mon amour. » Jésus Vivant était en train de donner la vie, non seulement à mes poumons mais aussi à mon sacerdoce, à tout mon être. Trois ou quatre jours après, je me sentais parfai­tement bien. J’avais bon appétit, je dormais bien et n’avais aucune douleur. Les médecins étaient prêts à commencer immédiatement le traitement. Cependant, aucun médicament ne correspondait à la maladie qu’ils avaient détectée. Alors, ils firent venir des piqûres spé­ciales, faites pour les gens qui n’ont pas un organisme normal, mais il n’y eut aucune réaction. Je me sentais bien et je voulais rentrer chez moi, mais on m’obligea à rester à l’hôpital pour que les médecins puissent chercher partout la tuberculose qui leur avait échappé et qu’ils ne pouvaient trouver. À la fin du mois, après de nombreuses analyses, le médecin-chef me dit: «Mon père, rentrez chez vous. Vous êtes parfai­tement guéri mais cela va à l’encontre de toutes nos théories médicales. Nous ne savons pas ce qui s’est passé. » Ensuite, haussant les épaules, il ajouta: — « Mon Père, vous êtes un cas unique dans cet hôpital. » — « Dans ma Congrégation aussi, lui répondis-je en riant.»

Je sortis de l’hôpital sans ordonnance, sans médicaments, ni piqûres. Je rentrais chez moi et je pesais 50 kilos. L’hôpital qui allait me guérir de la tuberculose me faisait mourir de faim.

Quinze jours après, parut le numéro 8 de la Revue R.N.D. À la page 5 se trouvait ma photo à l’hôpital; j’étais assis sur la fameuse chaise avec des sondes, un visage triste et un regard pensif. Au bas de la photo était écrit: « Le malade doit apprendre à vivre avec sa maladie, s’habituer aux allusions voilées, aux questions indis­crètes... et aux amis qui ne le regarderont plus de la même manière. » Mais, ma santé rendit leur numéro caduc. Le Seigneur m’avait guéri. Certes, ma foi était très petite, peut-être avait-elle la taille d’un grain de moutarde, mais Dieu était si grand qu’il n’avait pas considéré ma petitesse. Ainsi est notre Dieu. S’il dépendait de nous, il ne serait pas Dieu. De cette manière, je reçus dans ma chair le premier enseignement fondamental pour le ministère de guérison: le Seigneur nous guérit avec la foi que nous avons. Il ne nous demande pas davantage. Seulement cela. Le 15 septembre, j’assistais à la première assemblée de prière charismatique de ma vie. Je ne savais pas ce que c’était, mais j’y allais car j’avais été guéri et les personnes qui avaient prié pour moi m’avaient demandé de donner le témoignage de ma guérison. En ce mois de septembre, je commençais à travailler un peu et j’écrivis à mon Supérieur de me donner la permission de passer cette année que j’aurais dû vivre à l’hôpital à étudier le Renouveau Charismatique au Canada et aux États-Unis. Il me donna la permission et je me rendis aux centres les plus importants de Québec, Pittsburg, Notre-Dame et d’Arizona. Je me souviens d’un jour où j’étais à Los Angeles, en train de célébrer la messe avec ma nièce et un ami. Après la lecture de l’ Évangile en français, je voulus le com­menter mais il se produisit quelque chose de très bizarre. Je sentis que ma joue s’engourdissait et je commençais à dire des mots que je ne comprenais pas. Ce n’était ni du français, ni de l’anglais, ni de l’espagnol . Quand cela s’arrêta, je m’exclamai avec surprise: « Ne me dites pas que je vais recevoir le don des langues. »

« C’est pourtant cela, mon oncle, répondit ma nièce, tu parlais en langues. » Je m’étais tellement moqué du don des langues, eh bien, le Seigneur me l’offrit au moment même où j’allais prêcher. C’est ainsi que je découvris ce beau don du Seigneur.

 

 

 

II

NAGUA ET PIMENTEL

A. Nagua Après cette année que j’aurais dû passer à l’hôpital, je rentrais en République Dominicaine. Mon supérieur m’envoya dans une paroisse de la ville de Nagua. À mon arrivée, je convoquais une quarantaine de personnes pour leur donner le témoignage de ma guérison. Je me souviens que j’invitais, alors, les malades à venir en avant pour que l’on prie pour eux. À ma grande surprise, il y avait plus de malades que de gens sains. Cette nuit-là le Seigneur guérit deux malades. L’as­semblée explosa de joie et les personnes qui avaient été guéries donnaient leur témoignage partout. Ainsi, humblement, commença une histoire dont nous ne pen­sions pas qu’elle pourrait être si merveilleuse. Par les guérisons que le Seigneur faisait, notre groupe ressemblait au Banquet du Royaume des Cieux: les invités étaient les boiteux, les sourds, les muets et les pauvres. Chaque semaine le Seigneur guérissait des malades. En août, il guérit Sarah qui avait un cancer de l’utérus. Elle était condamnée et était sortie de l’hôpital pour aller mourir chez elle. On l’amena à la réunion et pendant la prière pour les malades, elle sentit une profonde chaleur dans son ventre et commença à pleurer. Peu à peu, elle se rendit compte que la maladie disparaissait. Quinze jours après, elle était complètement guérie et revint au groupe de prière portant son linceul dans ses mains: les vête­ments que ses enfants lui avaient achetés pour son enterrement. Les gens venaient nombreux. Tous chantaient avec joie et louaient Dieu spontanément. Devant les guérisons et les prodiges, ils éclataient en sanglots, c’était des larmes de bonheur et ils racontaient à tout le monde ce qui se passait dans la paroisse. Après ces réunions si heureuses et si belles ; quelques prêtres commencèrent à dire sarcastiquement: « le père Émilien a été guéri de Tuberculose mais il est malade de la tête.» Parce que je priais en langues et que je croyais dans le pouvoir de guérison du Christ, ils affirmaient que j’étais devenu fou. Le Seigneur nous dit par une prophétie: Moi, je travaille dans la paix. Je vous donne ma paix. Soyez des messagers de paix. Je commence à répandre mon Esprit sur vous. C’est un feu dévorant qui va envahir la ville entière. Ouvrez les yeux, car vous verrez des signes et des prodiges que beaucoup ont désiré voir mais n’ont pas vus. C’est moi qui vous le dis et qui le ferai.

Nous étions sûrs d’être devant l’ oeuvre du Seigneur. Les miracles furent toujours si nombreux que je ne pouvais les compter. Des couples qui vivaient en concu­binage se marièrent, des jeunes furent libérés des drogues et de l’alcoolisme. C’était la pêche miraculeuse. Après avoir longtemps jeté l’hameçon, le Seigneur remplissait tellement les filets que j’imaginais presque que la barque allait s’enfoncer. Jésus était en train de libérer son peuple des chaînes de l’esclavage. Les jeunes qui ne s’intéressaient plus à l’ Église ni à la foi commencèrent à vivre et à proclamer que Jésus était leur libérateur. Dans une retraite paroissiale nous annoncions Jésus et ensuite nous avons prié pour la santé des malades durant l’Eucharistie. La première parole de science que j’ai eu, fut: « Il y a ici une femme qui est en train de guérir d’un cancer. Elle sent; une forte chaleur dans son ventre., Je continuais à prier, il y eut d’autres paroles de science qui furent confirmées par les témoignages, Cependant, personne ne répondit à la première parole. Le lendemain, une dame, devant le micro dit à tous: Peut-être serez-vous surpris de me voir ici. Je suis une pécheresse, une femme publique, cela fait de nombreuses années que je me prostitue. Hier, je suis venue à la messe de guérison, mais à cause de ma vie, j’ai eu honte d’entrer et je suis restée un peu à l’écart derrière la palissade. J’avais un cancer.

J’ai eu deux opérations qui n’ont pas arrêté le mal, mais quand le prêtre a dit qu’une personne était en train de guérir du cancer, j’ai senti que c’était moi. Le Seigneur l’a guérie non seulement du cancer de son corps mais aussi de celui de son âme. Elle se repentit et communia le lendemain. Quand je la vis communier avec une telle joie et de telles larmes de bonheur sur le visage, je me souvins du retour du fils prodigue qui mange le veau gras que son père avait fait tuer. Elle recevait l’ Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, purifiant son âme et chan­geant de vie. Elle retourna au bordel pour témoigner devant ses compagnes avec des larmes dans les yeux: Je ne viens pas vous dire d’abandonner cette vie. Je veux seulement vous parler de mon ami Jésus qui m’a rachetée et a changé ma vie. Elle leur raconta sa guérison et sa conversion. Ensuite, elle demanda la permission de faire un groupe de prière dans le bordel et tous les lundis on y fermait les portes au péché et on les ouvrait au Coeur de Jésus. il y avait la Prière, la Lecture de la Parole et des chants. Le Seigneur n’acheva pas là son oeuvre. Un an après une retraite fut organisée pour 47 prostituées de la ville. C’est là que j’ai vu agir avec le plus de puissance la miséricorde de Dieu. Il y a eut repentir, conversion et confession: 27 abandonnèrent leur ancienne vie et d’après des informations récentes, 21 ont persévéré dans le chemin du Seigneur. Quelques-unes même sont devenues catéchistes, d’autres animent des groupes de prière, témoignant que l’amour miséricordieux de Dieu les a transformées. Sur les 21 maisons closes de la rue Mariano Pérez, seules 4 sont restées. Des membres du même groupe de prière s’y sont rendus et le Seigneur les a transformés. Il faut rappeler ici, le cas d’une autre de ces femmes dont Jésus dit qu’elles entreraient dans le Royaume des Cieux avant les scribes et pharisiens. Diane fut touchée par l’amour de Dieu et se donna au Seigneur. Cependant, son rétablissement fut lent et douloureux. Elle eut même une rechute à cause de problèmes économiques. Quand, elle s’était éloignée du Seigneur, il lui parla et lui dit: Diane,. qui me suit chemine dans la lumière et ne manque de nen. Elle se repentit et revint au Seigneur. Elle devint même catéchiste et aujourd’hui elle rend témoignage avec force dans les retraites de la miséricorde du Sei­gneur. Elle fait partie d’un groupe d’  Évangélisation et beaucoup de prêtres voudraient le pouvoir qu’elle a pour proclamer la vie nouvelle dans le Christ Jésus. Selon des statistiques officielles, à Nagua, il y avait 500 bordels. Plus de 80% fermèrent leurs portes. Toutes les femmes ne se sont pas converties, mais toutes furent atteintes par le message de Jésus Vivant. Plusieurs de ces maisons qui étaient au service du péché et de l’égoïsme sont devenues des maisons de groupes de prière. Le changement fut si net, qu’on dit même: Nagua était la ville de la prostitution, mais maintenant c’est la ville de la prière. Aujourd’hui, il n’y a pas de rue à Nagua qui n’ait son groupe de prière. Ce sont des groupes qui évangélisent, annoncent et amènent les gens à une rencontre person­nelle avec Jésus Vivant. Le cas de Nagua nous donne une idée à présent de ce que sont les charismes d’évangélisation. Ce ne sont pas des ornements accidentels mais des véhicules d’évangé­lisation. Il y a beaucoup de gens qui refusent les charismes disant qu’ils n’ont pas d’importance. Je leur rappelle simplement que Nagua fut secouée par l’ Évangile et perdit sa réputation de «Ville de la prostitution » grâce à une retraite de prostituées. Cette retraite a été menée à bien grâce à une femme qui telle Marie-Madeleine, a suivi Jésus et a rendu ensuite témoignage. Pourquoi? parce qu’elle fut guérie d’un cancer. Une pauvre guérison physique a entraîné une trans­formation sociale. C’est ainsi que s’instaure le Royaume de Dieu, à travers des événements aussi petits et simples, comme des grains de moutarde qui en germant, donnent des fruits abondants. Qui sommes-nous, nous les hommes pour mépriser les chemins de Dieu?

B.  Pimentel

J’étais heureux à Nagua en travaillant avec les groupes de prière mais l’Esprit-Saint m’avait préparé une grande surprise. En vérité, les chemins de Dieu sont différents des nôtres (Is 55,8) mais bien meilleurs que tout ce que nous pourrions demander ou imaginer (Éphé­siens 3,20). Le père Provincial me demanda de remplacer momentanément un prêtre qui partait en vacances. Sincèrement j’avais beaucoup de peine de quitter Nagua. Nous voulons toujours nous sécuriser avec ce que nous avons, voilà qui nuit beaucoup aux surprises de l’Esprit. La vie dans l’ Esprit est une vie de dépouillement, elle consiste à ne pas faire siennes les choses de Dieu, pas même ce que nous appelons « notre ministère». Nous sommes appelés à être d’éternels pèlerins qui vivent sous des tentes provisoires, prêts toujours pour le voyage sans billet de retour. C’est que lorsque nous ne possédons rien, nous sommes capables de tout avoir. Le 10 juin 1974, j’arrivais à ma nouvelle destination: Pimentel est un village sympathique situé au centre du pays et encadré par une plaine fertile, riche en riz, pommes de terre, cacao et oranges, grâce aux eaux de la rivière Cuaba. Le village n’est traversé que par une rue non pavée par laquelle passent ânes, chevaux et une automobile et un. bus de temps en temps. Le drapeau national flotte sur la mairie et il est salué par la svelte palmeraie et les acacias du jardin public. De l’autre côté, se trouve la paroisse St-Jean-Baptiste dont le nom me fit songer que ma mission, comme celle de toute personne qui évangélise, était celle d’un précurseur qui prépare la venue du Sauveur. L’ Esprit-Saint m’avait amené là pour être le témoin de la lumière du Christ ressuscité. À mon arrivée, je me rendis chez le curé qui avait déjà bouclé ses valises. Je lui demandai seulement la permission d’organiser un petit groupe de Renouveau, car sans prière, je ne pouvais travailler. Cela lui déplut, il avait peur. Il ne me le refusa pas car j’allais le remplacer pour qu’il puisse prendre ses vacances, mais il me dit: C’est bon, fais le groupe, mais sans charismes. Bon, lui dis-je, mais les charismes ce n’est pas moi qui les donne. Cela vient de l’Esprit-Saint. S’il veut donner des charismes à tes gens, qu’y puis-je? Fais ce que tu voudras, me répondit-il et il prit congé. L’été de cette année-là fut très chaud, comme le présage de l’ Esprit qui nous envahirait. Celui qui ne croit pas que nous avons un Jésus Vivant qui aujourd’hui fait des merveilles ne doit pas lire ce qui suit car cela paraît incroyable.

a) Première réunion Pendant la messe du premier dimanche, j’invitais les gens à une conférence sur le Renouveau Charismatique, leur promettant de leur raconter le témoignage de ma guérison. Deux cents personnes y assistèrent mais ces gens avaient une telle foi que cette nuit-là ils avaient amené un paralysé sur un brancard. Sa colonne verté­brale avait été brisée et il ne marchait plus depuis cinq ans et demi. Quand je les vis arriver avec lui, je pensai qu’ils étaient trop audacieux mais ils me firent penser à ces quatre autres qui apportèrent leur ami paralytique à Jésus (Marc 2, 1-12). Nous avons prié pour lui et avons demandé au Seigneur, par le pouvoir de ses saintes plaies, de guérir ce paralysé. L’homme commença à suer abondamment et à trembler. Alors je me rappelai que, lorsque le Seigneur m’avait guéri, moi aussi, j’avais senti une grande chaleur. Alors je lui dis: « Le Seigneur est en train de te guérir, lève-toi au nom de Jésus! » Je lui donnai la main et il me regardait, très surpris. Avec beaucoup d’efforts, il se leva et commença à marcher lentement. Adorant « Continue à marcher au nom de Jésus, lui criai-je, le Seigneur est en train de te guérir ». Lui, il faisait un pas puis un autre. Il s’approcha du Saint Sacrement et en pleurant, rendait grâce à Dieu. Tout le monde louait le Seigneur tandis que celui qui avait été guéri sortait en portant son brancard sous son bras. Ce jour-là, dix autres personnes furent guéries par l’amour de Jésus-Christ. Comme les gens ont soif de prière. Ils s’approchent de nous en nous demandant de leur apprendre à prier. Comme Jésus, nous nous devons de leur apprendre en priant avec eux. Nous ne pouvons pas laisser passer cette merveilleuse opportunité. Si nous parlions moins du Seigneur et Si nous lui parlions plus à lui comme notre monde changerait vite. Certainement, le Seigneur aime que nous parlions de lui mais il aime beaucoup plus que nous parlions avec lui.

b) Deuxième réunion Le mercredi suivant, vinrent 3000 personnes. Alors, nous avons fait la réunion dans la rue car l’église ne pouvait nous contenir tous. Comme on ne pouvait faire un groupe de prière avec un tel monde, je prêchai une demi-heure avant de célébrer l’Eucharistie pour les malades. Il y avait là une femme du nom de Mercedes Dominguez. Elle était aveugle depuis 10 ans et durant la prière, elle sentit un grand froid dans les yeux. Elle rentra chez elle, très bouleversée en disant à tout le monde qu’elle pouvait voir un peu. Le lendemain, quand elle se réveilla, elle était complètement guérie. Le Sei­gneur lui ouvrit les yeux et elle ouvrit sa bouche pour témoigner partout de sa merveilleuse guérison qui impressionna beaucoup de gens du village.

c) Troisième réunion Imaginez ce qui arriva lors de cette troisième semaine. Nous sommes allés au parc public, à l’air libre, célébrer la gloire du Seigneur. C’était comme quand Jésus arrivait à Capharnaüm ou Bethsaïde. Le même Jésus, Vivant, arrivait dans notre village. Le parc res­semblait à la Piscine de Bethesda « pleine de malades, d’aveugles, de boiteux ou de paralytiques atten­dant leur guérison. » (Jean 5, 1-2) Bethesda « Maison de la Miséricorde. » Pimentel, le plus petit des villages, était devenu le lieu choisi par Dieu pour montrer sa miséricorde. Le Ministère de guérison est le Ministère de la Miséricorde de Dieu. Cette nuit, il y avait plus de 7000 personnes. Nous avons fait la même chose: prêcher l’amour de Jésus, lui qui est Vivant dans son Église et continue à agir par des signes et des prodiges. Nous avons célébré la messe et le Seigneur a commencé de nouveau à guérir des malades. C’était presque exagéré. Comme aux noces de Cana, quand le Seigneur transforma l’eau en vin: il en resta tant qu’on eut pu organiser d’autres noces. Quand nous lui deman­dons quelque chose, Lui, nous donne tout car son pouvoir n’a pas de limite pas plus que son amour. Il ne guérit pas seulement deux, trois personnes mais un nombre immense. La police était très ennuyée car elle devait faire des heures supplémentaires pour surveiller une circulation aussi énorme pour un Si petit village. Alors les agents demandèrent au chef de police d’interdire ces réunions. Lui, il ouvrit les mains et leur répondit avec un sourire: Moi aussi, j’aurais voulu les interdire mais mon épouse a été guérie lors d’une de ces réunions. Cela faisait douze ans qu’elle était malade. Elle fut touchée par l’amour de Dieu. Quelques jours après, ils reçurent le sacrement de mariage. Comme le Seigneur avait tout prévu, au lieu d’inter­dire la réunion, la Police nous donna 18 agents en plus pour organiser la circulation durant la réunion suivante.

d) Quatrième réunion C’était le 9 juillet, jour de l’anniversaire de mon retour en République Dominicaine. Depuis 9h du matin, arrivaient autobus et camionnettes avec des gens de tout le pays. Les chauffeurs de taxi eux-mêmes nous faisaient de la publicité car c’était aussi leur avantage. Cet après-midi-là, il y eut quelque 20,000 personnes en prière. Il y avait tellement de monde que nous dûmes monter sur le toit pour y installer l’autel et les porte-voix. Savez-vous comment Dieu s’est « vengé » de la police qui voulait mettre un terme à ces réunions? Cette nuit, il guérit un policier qui souffrait d’une hémorragie céré­brale qui l’avait à moitié paralysé. À partir de ce moment-là, tous les policiers étaient de notre côté. En vérité, la manière dont Dieu en finit avec les problèmes est meilleure que la nôtre. Une dame, connue de tout le village, était sourde depuis 16 ans et elle guérit complètement. Elle sentit d’abord un bourdonnement et se rendit ensuite compte qu’elle entendait parfaitement la prédication. Le len­demain, elle alla au marché et un employé dit à son compagnon: Voilà la sourde, nous allons lui faire une plaisanterie en bougeant notre bouche sans prononcer un seul mot. Mais elle entendit ce qu’ils disaient et leur répondit avec bonheur: Non, Messieurs, je ne suis plus sourde, car le Christ m’a guérie hier soir. Elle témoignait ainsi non seulement de sa guérison, mais aussi du pouvoir de Dieu. Un homme qui ne pouvait marcher qu’à quatre pattes fut aussi guéri ce jour-là. Il y eut une profusion de guérisons et de prodiges. Nous avons vu de tout. C’était vivre en couleurs, sur le vif et en direct, ce que dit l’Évan­gile. C’était Jésus ressuscité cheminant parmi nous et sauvant son peuple. Cette nuit, il y eut plus de cent guérisons, selon les témoignages reçus.

e) Cinquième réunion Pour la cinquième réunion notre équipement sonore s’avéra insuffisant. La Police fit un calcul pour évaluer cette multitude en partant du mètre carré. Ils étaient 42000. Il vint du monde depuis Puerto Rico, Haïti et de toutes les paroisses du pays. Les rues étaient pleines, les toits bondés et la petite rue congestionnée par les autobus, les voitures et les camionnettes. Les gens sont venus en si grand nombre, tout sim­plement parce que le Seigneur Jésus n’a pas encore changé ses méthodes de travail. Tandis que nous, nous cherchons des méthodes pastorales plus efficaces et plus en accord avec notre temps, le Seigneur continue avec la sienne: il parcourait la Galilée en guérissant les malades, alors les multitudes le suivaient et lui, il prêchait la Parole de Salut (Luc 6, 17.18). Aujourd’hui, il fait toujours de même. Il guérit les malades, les gens se réunissent par milliers et nous proclamons le Royaume de Dieu. C’est tout simplement l’ Évangile qui se répète. Je commençais à m’effrayer un peu car ces pauvres gens voulaient me toucher et que je prie pour chacun d’entre eux. Cette nuit-là, ils m’arrachèrent tous les boutons de ma chemise et faillirent m’écraser. Il y avait aussi un problème: les gens qui avaient voyagé toute la journée ne trouvaient pas de nourriture dans le village et repartaient affamés mais pleins de l’amour de Dieu. Alors, nous avons prié et demandé au Seigneur sa lumière pour savoir ce qu’on devait faire de tout ce monde. C’est lui qui nous avait placés devant ces problèmes, il devait nous en sortir. Durant la prière, il nous donna un message en langues à travers Evaristo Guzman. Afin qu’il n’y ait aucun doute c’est à moi-même qu’il en donna l’interprétation: « Évangélisez mon peuple. Je veux un peuple de louange. Nous ne devons pas avoir peur des grandes foules. Le Seigneur nous les envoie pour que nous leur pro­clamions sa Parole de Salut. Ceux qui craignent les prodiges du Seigneur ont peur du « Seigneur des pro­diges.» Quelques-uns s’étonnent que le Seigneur réponde aussi vite aux prières. Moi, je leur dis qu’il serait éton­nant que Lui, étant Si bon, ne réponde pas: Avant même que vous ne m’appeliez, Moi je répondrai et vous serez encore en train de parler, déjà Moi je vous écouterai. (la. 64,24>. Demandez et vous recevrez... Cherchez et vous trouverez, frappez et l’on vous ouvrira... (Luc, 11,9-13). Que pensait Monseigneur Antonio flores, évêque de La Vega, devant tout cela? il était ouvert, mais inquiet devant une telle publicité de la presse, de la radio, de la télévision. Je suis allé lui rendre visite et je l’ai trouvé dans la chapelle. Nous avons prié ensemble et nous nous sommes mis d’accord pour diviser l’immense assemblée en petits groupes comme nous l’avions fait auparavant à Nagua. Je rentrai heureux , car l’ Esprit-Saint, l’évêque et moi étions en complet accord. Nous avons fait aussitôt un communiqué qui fut diffusé par la radio, la télé et expliquait que la grande assemblée était suspendue et que les gens étaient invités à se réunir dans leur propre paroisse pour prier. Le Seigneur avait son plan au sujet des événements de Pimentel: réveiller son peuple, secouer son Église et montrer par des signes et des prodiges qu’il est vivant et donne sa vie en abondance à ceux qui croient en son nom. Commençait alors un autre type de travail, plus profond et plus délicat: former des responsables de petits groupes de prière. Nous avons eu une retraite à la fin de la semaine avec les plus engagés. Nous leur avons expliqué ce qu’est la réunion de prière, le Renouveau Charismatique, le Baptême dans l’ Esprit-Saint et les Charismes et « nous les avons recommandé à la grâce de Dieu. » (Actes des Apôtres 20,32). Trois jours après, eux assuraient l’animation des 45 groupes éloignés en divers lieux de la paroisse. Il y avait des groupes sous les arbres, dans l’église, dans les maisons et partout. Toute la ville était devenue une maison de prière. Pour que les gens fixent leur regard sur Jésus et non sur un homme, moi, cette nuit-là, je m’éloignai de la paroisse. Le Seigneur, lui, restait et continuait à guérir les malades. Lors d’une visite que nous avons faite en 1984, afin que ce livre soit publié, on nous offrit un cahier sur lequel étaient annotés 224 témoignages de guérisons réalisées en l’un des groupes qui se réunissait dans la maison de Guara Rosario dans la rue Colomb. Dans la seule nuit du 13 novembre 1975, il y avait 22 témoignages de guérison. Peu après, ils devinrent si nombreux qu’on cessa de les consigner par écrit. Nous avons demandé si le Seigneur se manifestait toujours autant qu’avant et ils nous répondirent avec une merveilleuse simplicité: Non, non mais c’est que maintenant, il n’y a plus autant de malade.

f) Dimanche des Rameaux Le Seigneur entra triomphalement non seulement dans la petite ville de Pimentel mais aussi dans le pays entier et bien au delà de ses frontières. Tout fut si merveilleux que cela ressemblait à un rêve. Jamais ma vocation missionnaire ne m’était apparue aussi fasci­nant et belle. Le Seigneur entra dans les moyens de communi­cation en guérissant la mère, d’un présentateur de la télévision. C’est lui qui se chargea de rendre témoignage devant les caméras. Il entra aussi à la Chambre des Députés guérissant une femme député de douleurs au cou. Plus tard, j’appris que les éditeurs de la Revue française «Il est Vivant » écrivirent à l’évêque pour lui poser des questions sur l’authenticité de ce qui s’était passé à Pimentel. L’évêque répondit à leur lettre 1e 15 octobre 1975 en disant textuellement: « Le témoignage du Père Émilien Tardif est authentique.» Sa lettre fut publiée dans le numéro 6-7 de la revue. En ces jours-là, nous étions comme en haut du Mont Thabor, nous contemplions la gloire du Seigneur. Nous partagions avec Jésus ce que son Père avait dit: « Tu es. mon fils bien-aimé en qui j’ai mis. tout mon amour. » Le 16 juillet, 1e Seigneur nous fit prévenir par une prophétie pour nous annoncer que nous serions attaqués, ridiculisés mais que nous ne devions pas craindre car lui, il avait déjà vaincu le monde. Trois mois après, le curé revint de vacances. Il fut très surpris par ce qu’il trouva et ce que les gens lui racontèrent. Tout était si extraordinaire qu’il ne pouvait pas le croire. Le Seigneur avait visité son peuple, suscitant une force salvatrice, dans sa paroisse, faisant miséricorde aux siens, allumant une lumière au milieu des ténèbres pour que, libérés de toute crainte, nous puissions le servir avec sainteté et justice tous les jours de notre vie. Le Seigneur avait guéri des hommes et des femmes, un policier et une enfant, des gens venus de loin et des malades incurables. Le Seigneur avait évangélisé son peuple en lui annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume, se servant même des moyens de communication tels que la presse et la télévision. C’était le Dimanche des Rameaux: le Seigneur entrait triomphalement dans sa ville. Quand je quittai la paroisse de Pimentel pour rentrer à nouveau à Nagua, la rue était déserte. Le vent soufflait doucement, berçant les palmiers et caressant le drapeau qui avait été témoin des merveilles du Seigneur. Je ressentis la nostalgie de ces foules que j’avais vues. Alors, passa un petit âne qui trottait joyeusement et me regarda avec ses grands yeux. Il se mit à braire montrant dans un large sourire toutes ses dents comme pour me dire: Tu n’es que l’âne qui a amené Jésus à ce village et maintenant tu dois rentrer à Betfagé. La gloire, les palmes et la reconnaissance sont pour celui dont tu étais chargé, et pas pour toi. Toi, comme Jean Baptiste tu dois diminuer pour qu’Il grandisse. Émilien doit mourir pour que le Christ vive en Lui ; Ta gloire est que le Christ soit glorifié; ton privilège: annoncer l’évangile. L’âne bougea la queue en me disant: « au revoir, adieu » et il s’éloigna. Moi je suis retourné à Nagua en bondissant de joie.

g) La Semaine Sainte Tout avait été comme un crépuscule aux mille cou­leurs et le Seigneur avait été splendide, bien plus que nous n’aurions pu l’imaginer. Nous n’étions pas encore dégrisés du vin enivrant de son amour quand de noirs nuages sillonnèrent le ciel. Soudain tout s’obscurcit et le soleil se cacha. Quoique je savais que le Seigneur était avec moi, les vents de la tempête commencèrent à souf­fler avec fureur. Le secrétaire de la Santé m’accusa à la télévision d’avoir abusé de l’ignorance du peuple, lui faisant croire qu’il guérissait. Il dit que j’étais un charlatan, que je trompais le peuple, il demandait pourquoi je n’allais pas faire la même chose dans un pays développé comme le Canada. D’autres m’attaquèrent, en disant que, comme étranger, je ne connaissais pas le peuple et que toutes ces guérisons et tous ces miracles mèneraient le peuple au spiritisme et à la sorcellerie. Moi, je leur répondis qu’as­surément, je ne connaissais pas le peuple autant qu’eux mais que je connaissais très bien Jésus et que jamais il ne conduit au spiritisme et à la sorcellerie. Bien au contraire. Quand c’est lui qui agit, il fait bien les choses et nous ne devons pas avoir peur. À la radio, dans la presse, à la télévision, il y eut beaucoup d’attaques. En quelques jours, j’étais devenu un sorcier et un menteur. Parce que je croyais et pro­clamais que Jésus était vivant, sauvait et guérissait son peuple, on disait que j ‘étais fou, fanatique, etc. En moins de 24 heures, la presse qui auparavant m’admirait luttait à présent contre moi. Alors, je compris la fragilité de la gloire que le monde offre et quelle folie c’était de recher­cher l’opinion d’autrui. En quelques heures l’écume de la gloire est détruite. Mais, ma confiance était en Jésus, qui est le même hier, aujourd’hui et demain et toujours. Mais, comme je ne m’étais pas occupé d’eux quand ils parlaient de moi en bien, quand ils se mirent à me critiquer cela ne m’affecta guère. J’avais dans mon coeur une paix, une paix profonde. Certains, qui se disaient psychologues vinrent me dire que ces guérisons causées par l’effet de masse ou par l’hystérie collective étaient naturelles et n’avaient rien de miraculeux. Je leur répondis simplement qu’il y avait alors une grande injustice dans le fait que, sachant tout cola ils n’organisaient pas de. réunion. toue les soirs pour guérir tous les malades du pays. D’autres nous accusaient d’être « émotionnalistes ». Moi je leur répondais que l’ émotionnalisme cherchait l’émotion pour l’émotion mais que nous, nous cherchions le Seigneur, ce qui était toujours émouvant. Trouver le Trésor Caché est émouvant et exaltant. Le signe qui montre que quelqu’un a trouvé le Trésor est la Joie qu’il lui donne. D’autres attaquaient l’immaturité des gens on disant: Toute cette foule ne vient que par curiosité et à cause des guérisons. Moi, je leur répondais: Qu’importe la raison pour laquelle ils viennent? Ce qui compte c’est qu’ils soient là pour que nous les évangé­lisions. Sûrement Zachée n’est-il pas monté sur le sycomore pour réciter mon chapelet mais par pure curiosité car « il voulait voir Jésus ». Ils allèrent même jusqu’à me demander si je n’étais pas devenu fou. Alors, je leur répondis: Moi aussi je me le demande car maintenant je ne peux parler que du Seigneur. Les prêtres voisins devinrent jaloux. Un groupe d’entre eux demanda à mon Provincial de me faire sortir du pays car avec ces bêtises disaient-ils, j’allais détruire les structures de la Pastorale. Moi, je leur répondis que Jésus n’avait pas été envoyé pour sauver les structures pastorales mais pour sauver son peuple et que c’était la seule chose qu’il était en train de faire au milieu de nous. Ils m’accusaient de vider les paroisses mais moi, je n’invitais personne. Je ne faisais que proclamer pour l’évangile. Un prêtre me disait que nous exagérions et qu’il fallait aller plus lentement. Son argument était le sui­vant: Si tu me parlais de 2 ou 3 guérisons, peut-être pourrais-je commencer à y croire. Mais vous les charismatiques vous êtes fous, vous parles de tant de miracles...C’est que tu ne connais pas réellement Jésus, lui dis-je. Si, me répondit-il, mais à Lourde., il y a un centre médical pour étudier les guérisons et on dit qu’il y a très peu de guérisons miraculeuses. Par contre, vous. Mais, répondis-je, le critère de notre foi n’est pas le centre médical de Lourdes mais l’ Èvangile et celui-ci parle de tant de miracles... Saint Marc, le plus ancien des quatre évangélistes, nous parle de 18 miracles et guérisons de Jésus en 16 chapitres. Si nous enlevions ces signes du pouvoir de Dieu dans l’ Évangile de Marc, Il ne resterait que quelques pages, une ou deux. Nombreux sont ceux qui, pour avoir éliminé cet aspect, n’ont qu’un Évangile mutilé, pauvre, réduit à de la doctrine et à des théories. L’ Évangile est une Vie à vivre dont il faut faire l’expérience et rendre témoignage. La première fois que les Actes des Apôtres se réfèrent au Christianisme, ils le définissent comme « Vie» (Actes 5,20). On m’attaqua tellement, de toutes parts (même ceux dont on pouvait penser qu’ils étaient du côté de Jésus) que je dus faire paraître un article dans la revue « Amigo del Hogar » en août 1975.11 s’intitulait: « C’est la faute de Jésus ». Entre autres choses, j’y disais: Face aux risques réels qu’il y a de tomber dans 1e fanatisme à cause des miracles, nous tombons dans l’extrême opposé, parfois plus grave que le premier, qui est d’oublier que Dieu est le maître de l’impossible. La guérison est réellement la réponse à une prière de foi, comme nous le voyons tant de fois dans l’Évangile. Cette prière peut être celle du malade ou de ceux qui l’accom­pagnent, de la communauté ou d’une personne. Jésus est le même hier, aujourd’hui, et toujours. C’est lui le Maître de l’histoire et il agit comme il on a envie sans nous demander notre avis ou permission pour réaliser ses prodiges. Qui sommes-nous donc pour nous opposer ou essayer de mettre une limite à l’ oeuvre de notre Dieu? Nous sommes convaincus qu’il ne s’oppose pas à la médecine, mais très souvent des milliers de personnes n’ont pas d’argent pour payer le médecin, la clinique, les médicaments. Qu’y a-t-il de surprenant à ce que Dieu s’occupe des pauvres et que personnellement il les secoure? Pourquoi fermer la porte à ceux qui ont cru en cette Parole de Jésus qui dit: « Venez à moi vous tous qui êtes fatigués et épuisés, et Moi je vous soulagerai.» Serait-ce que nous nous sommes accommodés à un chris­tianisme fait à notre mesure. Le Seigneur par ces signes vient nous montrer qu’il est vivant et il vient nous inter­peller car s’il est vivant, toutes ses exigences sont valables. Le problème c’est que « Jésus est vivant et pas mort.» Peu après, je me rendis compte que dans cet article, j’avais commis une double erreur: prouver les guérisons en donnant les noms et adresses de personnes guéries, pensant que ce serait l’évidence des faits et non la grâce de la foi qui transformerait leurs coeurs. Je leur donnai le signe du ciel qu’ils demandaient mais ils ne se convertirent pas car les signes ne sont que des signes: seule la foi nous fait reconnaître ce qu’ils signifient, que Dieu aime les hommes, que le Christ est vivant et que 1’Église a la puissance de l’Esprit-Saint pour ressusciter les morts. Le Seigneur me permit de me reprendre et de me rendre compte que je ne devais pas me défendre des attaques, pas plus que lui ne s’était défendu de ceux qui l’accusaient. Si je me défendais avec mes moyens et mes arguments je ne le laissais pas Lui être mon défenseur avec ses moyens et ses arguments.

D’autre part, me défendre revenait à renoncer à la purification que le Seigneur voulait faire dans ma vie. À travers tant d’attaques et d’incompréhensions, le Seigneur voulait nous façonner d’après l’image de son Fils, en passant par la nuit du calvaire pour atteindre la gloire de la résurrection.

Le temps m’a convaincu que les flatteries sont plus dangereuses que la critique, car celle-ci peut être le feu qui purifie et brille les impuretés de notre coeur, tandis que les flatteries ont été l’objet de l’une des paroles les plus dures de Jésus: « Malheur à vous, quand tout le inonde parle en bien de vous, car c’est ainsi qu’ont été traités les faux prophètes ». (Luc 6,26). Inconsciemment nous pouvons oublier que nous sommes de simples vases d’argile mais le Seigneur se charge de nous le rappeler au moyen de la croix de l’incompréhension. Le Seigneur dans sa miséricorde nous purifie et nous humilie pour que nous ne dérobions pas la gloire qui revient à Lui seul. La croix est le désert où se manifeste le Dieu Vivant. Mais il faut ôter ses sandales pour s’approcher du buis­son ardent. La critique est semblable au parvis du Temple qui nous prépare à entrer limpides et purs dans le Sanctuaire du Dieu Vivant.. libres de tout attachement et les attachements les plus dangereux sont ceux que nous appelons nos mérites et « nos activités aposto­liques ».Les attaques devinrent si violentes et continuelles que je pensais parfois ne plus pouvoir résister. De toutes parts on me persécutait. Moi-même, je me sentais seul, sur un chemin nouveau. C’est alors que je demandai à une soeur pleine de Dieu de prier pour moi. Elle le fit et me donna une prophétie qui me réconforta. Le Seigneur me dit: « Après avoir savouré la joie du Dimanche des Rameaux, ne te semble-t-il pas normal de goûter un peu à la Semaine Sainte? Cette parole me guérit intérieurement; depuis lors, je vois les problèmes d’une manière distincte dans une paix complète. Quand les choses vont bien, je dis: « nous sommes le Dimanche des Rameaux. » S’il y a des difficultés, j’affirme simplement: « c’est la Semaine Sainte ». De toute manière, la Pâque n’est pas loin, gloire à Dieu. Dieu, avant de m’emmener au calvaire, me fit goûter la gloire du Thabor. Mais il ne m’a pas laissé dresser là-haut ma tente, il m’a fait descendre et participer à sa croix. Le Seigneur, avant la douleur, nous donne son amour et quand il nous aime, il nous offre, toujours sa croix. La croix est le cadeau de Dieu à ceux qu’il aime. La croix, avant l’expérience de l’amour de Dieu ne se comprend ni ne peut être acceptée. Dans le plan de Dieu, avant le Calvaire, il y a le Thabor. Après la gloire est la croix qui sauve et nous mène à la Résurrection. Notre vie se développe comme les mystère. du Rosaire, il y a les Joyeux, les Douloureux et les Glorieux mais tous et chacun se terminent par « Gloire au Père, au Fils et à l’ Esprit.» Chaque jour nous vivons un mystère. Toute notre vie ne peut être joyeuse, glorieuse ou douloureuse mais les mystères s’entremêlent pour la Gloire de Dieu. La croix et la résurrection sont comme les peintures de Rembrandt où ombres et lumières se combinent pour exprimer la beauté. Notre peuple était endormi, plongé dans une léthargie et passif. Le Seigneur est venu et a tout secoué. Les gens consultèrent les prêtres pour leur poser des questions sur ce qui se passait. Alors, les prêtres ont dû lire et s‘in former pour donner des réponses adéquates. Il y eut même une réunion de la Commission épiscopale pour faire une déclaration. Cela était très important pour moi. J’étais sûr que c’était l’ oeuvre de Dieu, mais j’avais besoin du discernement des Évêques. Pour moi, ils étaient la voix de Dieu. Il. publièrent une déclaration intitulée: « Le Pape approuve et encourage les réunions de prière charismatique. » Ensuite, venait le sous-titre suivant: « Monseigneur Pepen (Secrétaire National de l’ Épiscopat) approuve l’ oeuvre du Père Tardif.. Quand je lus cela, je fus très content mais j’eus aussi envie de rire et je dis « mais ce n ‘est pas mon oeuvre... » Comme saint Joseph, je n’avais qu’une certitude, c’est que cette vie qui avait pris naissance au sein de l’ Église n’était pas à moi. Sans savoir comment, ni pourquoi, je reçus une invitation de Monseigneur Carlos Talavera pour prêcher une retraite sacerdotale à Guadalaja au Mexique. À partir de là, surgirent d’autres invitations à proclamer les merveilles du Seigneur dans d’autres pays d’ Amérique Latine. Je commence à percevoir qu’une ère glorieuse se lève pour l’ Église . Je crois que le temps est arrivé de prêcher sur les toits, hors des enceintes, sacrées, car il n’y a pas assez de place dans nos temples. Le Seigneur nous emmène jusqu’aux confins de la terre pour rendre témoignage qu’il est vivant... Après un voyage à Panama, je repris mes tâches paroissiales. Le lendemain, je me préparais pour visiter une communauté perdue dans la montagne. Je devais voyager sur un âne. Tandis que celui-ci cheminait lentement, je pensais: « Comme mon âne est différent du grand Boeing 747 de la Pan Am. » Comme les chemins de Dieu sont merveilleux. En avion ou sur un âne, nous sommes toujours ses messagers. Dix mille ou soixante personnes, ce sont toujours ses enfants. Et, ces « petits » de la montagne sont les vrais pauvres de Yahvé. Le Seigneur est si merveilleux que quand nous volons en avion, après il nous fait monter sur un âne pour ménager notre humilité. Sur mon âne, j’ai appris une grande leçon: nous sommes appelés à être comme l’âne qui transporta Jésus à Jérusalem le Dimanche des Rameaux. Notre vocation est d’être porteurs du Christ Jésus. Nous sommes des vases d’argile qui portent un précieux trésor dans leurs coeurs. De tous côtés, c’est la même chose. Les signes confirment que Jésus est le Messie: « les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent et on annonce la Bonne Nouvelle aux pauvres. (Luc 7,22). Avant, nous nous efforcions de nourrir un peuple qui n’avait pas faim de Dieu. Le pire était que nous-mêmes n’avions pas savouré le Pain de la Vie Éternelle. Et maintenant, nous n’arrivons pas à nourrir tout le monde. La moisson est abondante, trop abondante mais le Seigneur est encore plus grand et plus puissant. Le Seigneur a allumé la mèche et maintenant il y a un feu que personne ne peut éteindre. C’est aussi un fleuve d’Eau Vive qui est en train d’inonder l’Église, la purifiant, la rénovant et la sanctifiant. Plusieurs couples qui vivaient en concubinage prirent conscience du fait qu’ils ne pouvaient continuer à vivre ainsi. Ayant découvert l’importance du Sacrement, ils se sont préparés sérieusement pour le recevoir et le vivre. En une année, nous avons célébré 306 mariages, chiffre tout à fait inhabituel. Le plus grand miracle auquel j’ai assisté pendant ces années, c’est que le Seigneur a suscité des ouvriers pour sa moisson. Les catéchistes sont nombreux à présent. Nous en avons tellement que notre première responsabilité est de les former et les rendre capables de transmettre la Bonne Nouvelle. À la Pentecôte de l’année 1976, nous étions 120 catéchistes à demander une nouvelle effusion de l’Esprit sur nous tous. L’Esprit n’était plus seulement un don pour la joie de notre coeur mais une force spéciale pour annoncer au monde que le Christ vit et donne la vie à ceux qui croient on son nom. J’ai commencé à recevoir des lettres de France, d’Amérique Latine, des Philippines. D’autres m’écrivent de pays que je ne situe même pas sur la carte; parfois je reçois une correspondance dans des langues et avec des signes que je ne comprends pas. Comme je ne comprends pas ce que ces lettres disent, je les dépose tout simplement entre les mains du Seigneur et je lui demande à Lui qui les comprend, de bien vouloir leur répondre. Je n’ai pas souvenir d’avoir jamais eu une aussi bonne santé qu’à présent. Je mange de tout, je dors bien. Le Seigneur m’a rendu une santé parfaite et je suis heureux de la mettre au service de l’évangélisation de son peuple

Cependant, je crois que le don le plus grand qu’il m’ait donné est celui de la joie. Je suis heureux à temps plein. Je n’avais jamais vécu mon sacerdoce aussi pleinement qu’à présent.

 

III JÉSUS EST VIVANT

 

Durant le mois de juin 1981, après une tournée d’évangélisation en Algérie et au Maroc, Dieu me fit la grâce de visiter la Terre Sainte. Le lendemain de mon arrivée, je me levais de très bonne heure, avant le lever du soleil et j’entrais dans ces vieilles ruelles tortueuses de la ville de Jérusalem toujours parcourant le chemin de Marie-Madeleine au jour de la Résurrection. En arrivant au Saint Sépulcre, je rencontrai un ami mexicain qui était allé se marier à Cana avec une jolie Portoricaine. En entrant il nous fit remarquer une inscription en grec qui disait: Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant? Il n’est pas là, il est ressuscité. Je ne suis pas encore sorti de la stupeur de ce petit matin qui est comme l’écho du Dimanche de Pâques. Celui qui est mort sur la croix a abandonné son tombeau et est vivant. De l’obscurité de ce tombeau a jailli une lumière qui illumine tous les hommes pour commencer une nouvelle création. Si Jésus n’est pas dans le tombeau vide de Jérusalem, certainement, il est partout dans le monde. Le seul lieu de cette terre où Jésus ne se trouve pas est cette tombe taillée dans la pierre qu’un jour un de ses amis, Joseph d’Arimathie, lui avait prêtée. Jésus n’a pas envoyé ses apôtres enseigner des théories ou des idées abstraites mais rendre témoignage de ce qu’ils avaient vu et entendu. Mais, malheureusement, il semble que nous soyons plus soucieux d’enseigner une doctrine que de communiquer la vie. Pour grandir dans la Vie de Dieu, on doit d’abord être né par le pouvoir du Saint-Esprit. Un évangélisateur est avant tout un témoin qui a une expérience personnelle de la mort et de la résurrection du Christ Jésus et qui transmet aux autres, plus qu’une doctrine, une personne vivante qui donne la Vie en abondance. Après, seulement après et toujours après on doit enseigner la catéchèse et la morale. Parfois, nous nous préoccupons pour que les gens accomplissent les commandements de Dieu avant même qu’ils ne connaissent le Dieu des commandements. Nous ne devons pas oublier que ceux-ci furent donnés après la théophanie du Mont Sinaï. Personne ne peut être un authentique messager de l’évangile si lui-même n’a pas fait l’expérience de la nouvelle vie qu’apporte Jésus Christ. Quand nous témoignons de ce que le Seigneur a fait à partir de sa Résurrection, alors tout change. La prédication est accompagnée des signes et des prodiges que le Seigneur a promis. À Janico, un jour, le curé nous invita à donner une retraite, nous prévenant que les gens étaient durs et n’aimaient pas aller à l’église. Quand nous sommes arrivés, le premier soir, il n’y avait pas beaucoup de monde. Mais il y avait, prostré sur le sol, un homme qui ressemblait à une poupée de chiffon qui ne pouvait pas tenir debout. En plus, il était paralysé des deux mains et ne pouvait manger ni marcher par lui-même. En vérité, cela faisait pitié à voir Cet homme-là ici. En mon âme, je pensais, mais pourquoi amène-t-on cet homme-là ici? Comme je considérais son aspect si pitoyable, je dis : Nous allons prier pour cet homme pour que vous puissiez ensuite l’emmener avec vous. n’avait pu se tenir debout, ni faire un pas. Moi, je pensais simplement on m Au début de la prière, il commença à suer et à trembler. En le voyant, je me souvins que moi aussi j’avais ressenti une grande chaleur quand le Seigneur m avait guéri. Alors, je lui dis: Lève-toi, le Seigneur est on train de te guérir. Ensuite, je lui pris la main et lui ordonnai de marcher. Il marcha jusqu’au tabernacle. Là, il donna son témoignage et dit que ça faisait 19 ans qu’il oi-même: « Heureu­sement que j’ignorais qu’il était immobile depuis si longtemps, car autrement je n’aurais pas osé lui dire de se lever. » Cet après-midi, après être tous sortis de l’église, nous avons traversé la rue et nous nous sommes assis sur le parvis. En s’asseyant, l’homme ajouta: Mais le Seigneur a aussi guéri mes mains, je peux les bouger... Grâce à ce paralysé, notre local se remplit le lende­main. Tous les gens ne pouvaient entrer. Plusieurs se tenaient derrière les persiennes et à la porte de l’église. Le jour où nous accepterons le pouvoir qu’a le témoignage notre prédication changera. Avant, je préparais beaucoup mes homélies. J’étudiais les auteurs classiques et lisais les théologiens modernes. Mes lectures étaient si bonnes et si profondes que je désirais ne rien perdre de ce que je voulais dire. Alors, j’écrivais tout sur un papier et le lisais pour bien profiter de cette richesse que je voulais transmettre. Cependant, le Seigneur m’a transformé sur ce point aussi. Un dimanche, devant mes notes bien rédigées de mon homélie, le Seigneur me dit: Si toi qui as fait tant d’études et a lu tant et tant, tu n’es pas capable de graver cela dans ta mémoire pour le répéter seulement, comment veux-tu que ces gens si simples qui n’ont pas la préparation que tu as eue, le grave en leur coeur pour le vivre? Dès lors, je changeai ma prédication. Maintenant, je ne fais plus que rendre témoignage du pouvoir de Dieu et de ce qu’il est en train de faire et je raconte des exemples de l’amour de Dieu. J’ai encore appris autre chose de très important: l’essentiel n’est pas de bien parler de Jésus mais de le laisser agir avec tout le pouvoir du Saint-Esprit. À quoi bon vouloir parler merveilleusement de Jésus si nous pouvons le laisser agir à travers nous? Le Royaume de Dieu est pouvoir et force qui viennent d’en haut et se manifestent parmi nous. Une fois, je prêchai très longtemps, plus d’une heure. À la fin de mon homélie, un prêtre s’approcha un peu irrité et dit en montrant sa montre: Je n’ai pas aimé la conférence du Père Tardif, car en 67 minutes, il a parlé de miracles et encore des miracles sans faire allusion à aucun de ceux de l’évangile. Une autre personne qui l’entendit lui répondit: Pourquoi parler des miracles d’il y a 2000 ans si on peut parler de ceux que Jésus a fait la semaine dernière? Quant à moi, je n’aurais pas assez de tout le reste de ma vie pour raconter tout ce que Dieu a fait lors de ces dix dernières années, tellement ses merveilles sont nombreuses et innombrables. C’est pourquoi, lorsque je n’ai qu’une heure, je dois conter les bénédictions les plus récentes. J’ai prêché déjà dans les 5 continents en disant toujours la même chose car je n’ai rien d’autre à dire. Je répète toujours la même chose: l’amour miséricordieux de Dieu. Je suis témoin de l’amour de Dieu pour les hommes, tous les hommes de tous les pays et de toutes les langues. Le pouvoir de l’Esprit-Saint m’a transformé en un témoin du Christ Vivant. Parfois on n’a même pas le temps de manger. Après plusieurs heures de voyage, avec la fatigue, on commence directement à travailler. Mais le Seigneur manifeste sa force à travers notre faiblesse. À la retraite de Lourdes, en France, il y avait des prêtres de différents pays européens. C’était très fatigant de se mettre à confesser après les conférences pour ensuite en donner une autre ou célébrer une Eucharistie. Après une conférence, quelques prêtres vinrent se confesser. Le premier était un prêtre hollandais qui ne parlait pas bien le français. Après sa confession, il me demanda: Père, pouvez-vous prier pour ma guérison, je suis muet de l’oreille gauche. C’était si original que je fus sur le point d’éclater de rire à cause de son « oreille muette » et je dis: Seigneur, si tu guéris celui-ci, ce sera la guérison la plus grande du monde entier. Moi, je n’attendais qu’une seule chose, c’est qu’il sorte pour que je puisse rire tout mon saoul mais aussitôt après, entra un autre prêtre qui me trouva en train de rire... Je n’oubliais pas cette expression « muet de l’oreille gauche» et je souriais tout le temps que durèrent les confessions. Alors les prêtres dirent de moi: Comme il est heureux le Père Émilien, bien qu’il ait tant de travail, il est toujours content. D’autres disaient: Comme c’est agréable de se confesser avec un prêtre qui a toujours le sourire pour te recevoir. Le Seigneur se servit de ce « muet de l’oreille gauche» pour me montrer qu’il est un Dieu de joie, qui est content de nous recevoir quand nous approchons de Lui. Notre Dieu a beaucoup d’humour, cela ne fait aucun doute. Un jour, que je prêchais devant une multitude dans un stade, une personne me demanda: Mon Père, n’avez-vous ni peur, ni timidité de parler devant tant de gens? Moi, je lui répondis avec un sourire: Quand on est sûr de transmettre une bonne nouvelle, on peut monter sur les toits, témoigner dans les prisons et prêcher dans les stades. Moi, je ne fais que témoigner simplement de ce que j’ai vu et sinon, je vous assure que cela m’ennuierait de parler, ne serait-ce qu’avec vous. L’ennuyeux c’est que, quand quelqu’un n’a pas l’expérience du Christ Vivant, il doive parler de mille choses, sauf de Jésus. De nos jours, nous n’avons pas besoin d’un nouvel évangile mais d’une nouvelle évangélisation: proclamer avec puissance et efficacité que le Christ vit; non pas en répétant des théories que nous avons entendues ou lues, mais en donnant notre propre témoignage. Aujourd’hui, nous devons évangéliser avec la puissance de l’ Esprit, accompagnant notre prédication des signes et des pro­digues qui doivent être normaux dans la prédication de l’Évangile. Au congrès de Montréal en juin 1977, il y avait plus de 55 000 personnes qui remplissaient le Stade Olympique lors de la messe de clôture. il y avait le Cardinal Roy, 6 évêques et 920 prêtres. il y avait aussi le maire de la ville et auprès de l’autel plus de 100 malades sur leurs fauteuils roulants. Nous avons dirigé la prière pour les malades. Tout le stade louait Dieu, quand soudain, une femme, Rose Aimée, qui souffrait depuis onze ans d’une sclérose, se leva de son fauteuil et commença à marcher sous les yeux de tous. De l’autre côté, un homme se mit debout, puis un autre plus loin, puis un autre encore! 12 paralysés se levèrent de leur fauteuil et commencèrent à marcher. Les gens applaudissaient et pleuraient, remplis d’émotion. Le maire de la ville en personne sanglotait comme un enfant. Quand Dieu se manifeste, il n’y a pas d’homme qui soit grand: tous sont petits. Il pleurait de bonheur et d’émotion. Le lendemain, le principal journal de la ville disait: « Stupéfaction au Stade Olympique: les boiteux marchent. » Le journal de Montréal disait: « ceux qui étaient prostrés sur leurs lits se lèvent et marchent». Ce qui est surprenant ce n’est pas que les malades aient été guéris. Ce qui eut été étonnant c’est qu’ils n’aient pas été guéris. Ce qui serait bizarre, c’est que Jésus ne tienne pas ses promesses. Je me souviens que, le lendemain, on m’interviewa à la télévision en me demandant: Ne croyez-vous pas que toutes ces guérisons sont dues à l’effet de masses, à l’émotion, aux applaudissements des gens? Moi, je répondis: Eh bien alors, vous devriez m’expliquer pourquoi dans aucune partie de football ou de baseball, aucun paralysé ne s’est jamais levé, ni aucun cancéreux n’a guéri quand son équipe favorite gagne. La seule réponse, c’est que Jésus est ressuscité et qu’il est Vivant aujourd’hui au milieu de nous. Ne cherchons pas d’autre explication car toujours nous nous égarerons. Un jour, j’étais en train de manger quand quelqu’un me posa une question indiscrète: Mon Père, êtes-vous sûr que vous ayez le don de guérison? Moi, je ne pouvais répondre sur-le-champ, et tout le monde me regarda dans l’attente de ma réponse. Alor s je dis: Eh bien, je suis sûr que j’ai la mission d’évangéliser.. et que les signes et les guérisons accompagnent toujours la prédication de l’Évangile. Moi, je ne fais que prêcher et prier tandis que Dieu, lui, guérit les malades. C’est ainsi que nous avons formé une bonne équipe de travail et que nous nous entendons bien. Les plans du Seigneur me font rire parfois car il a beaucoup d’humour quand il place un curé de campagne devant les théologiens de divers pays pour qu’il prêche la Bonne Nouvelle. Moi, je ne leur enseigne rien. Je ne fais que leur donner le témoignage de la miséricorde du Coeur de Jésus. En 1981, je prêchais une retraite pour 320 prêtres à Lisieux on France, avec le Père Albert de Monléon. Il y avait là beaucoup de prêtres très intelligents, d’autres très critiques et les sceptiques même ne manquaient pas. Après un merveilleux exposé du Père de Monléon, c’était à mon tour de parler. Je me sentais tout petit devant ces hommes si savants qui avaient tant de titres. Je me sentais pauvre devant le Cardinal Suenens et les autres évêques. Alors je priai le Seigneur et lui dis: Seigneur, que fait ici un prêtre qui est venu d’une île si petite, devant ces hommes si savants et qui ne savent pourtant pas où est situé son pays? Ne me laisse pas seul, Seigneur, je t’en supplie.

Heureusement, la première nuit, le Seigneur guérit un prêtre qui souffrait d’une phlébite et grâce à cela toutes les discussions prirent fin. Je me souviens com­ment le lendemain matin, dans la salle à manger, il levait son pantalon et montrait ses deux jambes com­plètement guéries. Ce témoignage servit plus à manifester la gloire de Dieu que mes pauvres conférences. Un jour, après une conférence que je donnais au clergé, à Lyon, le Cardinal Renard surpris par les guérisons merveilleuses du Seigneur se mit debout et dit: Il est difficile pour nous d’accepter la mystérieuse action de l’Esprit-Saint parce que nous sommes ai rationnels et ai rationalistes, tous plus ou moins fils de Descartes et même chacun d’entre noue a en lui un petit Voltaire. C’est pourquoi il nous est si difficile d’assimiler l’action de l’Esprit qui souffle comme il veut, sans se limiter aux moules logiques de notre raison. Nous lui mettons des rails à suivre et lui il vole en dehors d’eux. Nous lui offrons un conduit par où il puisse souffler et lui, c’est à côté qu’il le fait. L’ Esprit-Saint ne suit pas notre pro­gramme pastoral. Certainement avons-nous besoin d’une méthode pastorale. Mais, la base de toute pédagogie de foi consiste préci­sément dans l’acceptation du fait que ce n’est pas nous qui dirigeons son action mais lui qui dirige la nôtre. Toute méthodologie doit être suffisamment perméable pour que l’Esprit puisse l’utiliser et même plus, la transformer. Les dons de l’Esprit-Saint sont différents et actuels. Peut-être à cause de notre rationalisme ou de notre manque de foi, nous pensons que ces dons sont des histoires du passé. Le Monde actuel est à la recherche d’hommes de l’Esprit, de prophètes chrétiens inspirés par l’Esprit. Maie s’il ne les trouve pas il suivra Ies illuminés ce qui est très très dangereux. L’Église est une Pentecôte permanente et non pas une rationalisation permanente. Ces derniers mots du Cardinal me rappellent une anecdote. Un jour, Jésus était avec ses disciples et il leur demanda: — « Et vous qui dites-vous que je suis?» Simon-Pierre se leva et répondit: Tu es la théophanie eschatologique qui nourrit ontologiquement l’intentionnalité de nos relations subconscientes et interpersonnelles. Jésus ouvrit de grands yeux, surpris, et demanda: — «Quoi, quoi?» Et Pierre ne put répéter car il avait oublié sa définition. Ce n’était pas quelque chose qu’il avait dans le coeur mais seulement dans l’esprit. Le monde est fatigué d’écouter des théories et des florilèges littéraires. Il a faim de paroles vivantes et efficaces qui réalisent ce qu’elles contiennent. « Le monde d’aujourd’hui est fatigué de suivre des maîtres. il se laisse entraîner seulement par des témoins » disait Paul VI. Des témoins qui ont fait l’expérience de la nouvelle vie apportée par Jésus. L’ Évangile de saint Luc raconte que le dimanche soir, deux disciples de Jésus rentraient de Jérusalem à Emmaüs. Ils étaient tristes et abattus car avec la mort de leur maître toutes leurs espérances de restauration s’étaient évanouies. Jésus lui-même se joignit à eux sur le chemin et l’un d’eux, nommé Cléophas, commença à donner un cours de Christologie à Jésus lui-même, qu’il n’était pas capable de reconnaître. Il rappela avec force chacun de ses faits, de ses miracles et de ses paroles. Il raconta sa mort cruelle sur la croix, dont avait été témoin tout un peuple, mais quand il arriva à la résurrection, il ne put parler de sa propre expérience et se contenta de répéter ce que quelques femmes disaient que des anges avaient dit. Ainsi dans l' Église, certains prédicateurs ne font que répéter ce que les théologiens ont écrit ou ce que leurs maîtres ont enseigné dans leurs cours, mais eux, n’ont pas d’expérience personnelle de la résurrection du Christ Jésus. Tant que l’on n’aura pas eu cette rencontre person­nelle avec Jésus ressuscité, on répétera des théories et des enseignements que d’autres dirent qu’ils ont faits. Nous sommes appelés à être des témoins de ce que nous prêchons. Mais, pour être un authentique témoin, on a besoin d’avoir fait l’expérience personnelle de ce que l’on proclame, de l’avoir vécu dans sa propre chair. Un jour on m’amena visiter le magnifique complexe hydroélectrique de Itapu au Paraguay. Ce fut impres­sionnant. Les hommes et même les camions paraissaient être d’insignifiantes fourmis face aux gigantesques rideaux de béton du barrage. On y produit tant d’énergie que celle-ci couvre les besoins de tout le pays ainsi qu’une partie de ceux du Brésil et d’Argentine. À la tombée de la nuit, nous étions de retour, et je remarquai que quelques maisons des travailleurs de la centrale thermoélectrique n’avaient pas de courant élec­trique et n’étaient que faiblement éclairées par des petites bougies de cire. À quelques mètres des turbines et des génératrices les plus grandes du monde, il n’y avait pas d’électricité mais des bougies. C’est que la confection nécessaire pour apporter l’énergie à leurs maisons n’avait pas été faite. Voilà ce qui nous arrive à nous aussi parfois. Notre vie au lieu d’être éclairée par l’électricité l’est par des bougies car nous ne sommes pas connectés sur Jésus qui est la lumière du monde. Il y a même des gens qui travaillent dans les Services de l’Église, mais la lumière n’est pas dans leurs coeurs. Nous sommes comme ces touristes qui devant un beau paysage, utilisent leur appareil Polaroïd pour prendre une photo et ensuite, au lieu d’admirer le vrai paysage et d’être captivés par lui, regardent la photo­graphie en papier. Il y a beaucoup de chrétiens qui ont gardé la photographie statique de Jésus et ne le connaissent pas « face à face » car ils n’ont jamais eu une rencontre personnelle avec lui. Ils ne font que répéter ce qu’ils ont vu et entendu mais ils n’ont pas l’expérience de la vie nouvelle. La vie éternelle consiste précisément dans la con­naissance, c’est-à-dire, l’expérience de Dieu et de son envoyé Jésus Christ. Le véritable évangélisateur est celui qui présente son témoignage personnel, son expérience propre de salut et peut témoigner que Jésus est vivant, car il a eu une rencontre personnelle avec lui, comme les apôtres qui affirment: Nous ne pouvons nous empêcher de parler de ce que nous avons vu et entendu. (Actes 4,20) Le vrai évangélisateur n’est pas celui qui parle de Jésus, mais celui qui est capable de présenter Jésus vivant aux personnes évangélisées pour qu’elles lui disent comme les Samaritains: Ce n’est plus sur tes dires que nous croyons: nous l’avons nous-mêmes entendu et nous savons que c’est vraiment lui le sauveur du monde. (Jean 4:42)

Mais, personne ne pourra transmettre la vie du Christ ressuscité si auparavant il n’a pas lui-même fait l’expérience de Jésus vivant au jour d’aujourd’hui.

 

IV
PAROLE DE SCIENCE

On a beaucoup parlé ces derniers temps de la parole de science que certains, par une traduction plus exacte appellent « parole de connaissance. » C’est un charisme très beau à travers lequel Dieu révèle et communique ce qui s’est passé, ou est en train de se passer dans l’histoire du salut des personnes. Grâce à cette révélation on peut arriver à la racine d’un pro­blème, ou à la cause d’un blocage, ou à la connaissance d’une guérison. Un jour arriva une dame très affligée à cause de sa fille qu’une étrange maladie avait obligée à abandonner ses études. On me raconta que la jeune fille souffrait d’attaques très bizarres. Elle s’évanouissait souvent, comme souffrant d’épilepsie. Elles avaient consulté plu­sieurs médecins sans aucun résultat. Elles allèrent chez des psychologues sans obtenir d’amélioration. Elles com­mirent même l’erreur d’aller chez des sorciers. C’est alors qu’elles arrivèrent à la conclusion évidente de la nécessité d’un exorcisme.La maman parlait, mais la jeune fille gardait le silence. Elle ne répondait même pas à mes questions. N’ayant pas d’informations et ne sachant quoi demander pour elle, je priais en langues. Alors me vint une parole qui me martelait l’esprit continuellement: « avortement. » J’ouvris les yeux et lui demandai si elle avait eu quelque chose à voir avec un avortement. Elle fut surprise et me demanda:

— « Qui vous l’a dit? »

Avec des larmes aux yeux elle me dit qu’elle avait eu des relations avec son fiancé et avait été enceinte. Étant d’une famille très connue, elle eut très peur et décida d’avorter. Mais depuis, elle s’était chargée d’un double péché et à cette seule pensée, elle s’évanouissait. Elle se repentit, se confessa et nous avons prié pour sa guérison intérieure. Le Seigneur lui pardonna et la guérit et elle n’eut plus d’évanouissements. Le Seigneur nous avait donné « la connaissance » de la racine du problème. Elle n’était ni possédée, ni souffrante d’une maladie quelconque. Par ce don de « la connaissance » ou « parole de science » Dieu peut aussi révéler les guérisons qu’il est en train de réaliser au milieu de la communauté. Alors, ce que le Seigneur est en train de faire est communiqué à toute l’assemblée. En 1975, je fus nommé délégué de la République Dominicaine pour la Conférence des leaders du Renouveau Charismatique à Rome. Quand je le commu­niquai à mes supérieurs, ils me répondirent: Laisse ta place à un autre, car c’est mieux que le pays soit représenté par quelqu’un qui est natif du pays. J’eus beaucoup de peine à accepter, car je pensais que je perdais une occasion merveilleuse de connaître mieux le Renouveau, bien que dans la foi, je découvris la volonté de Dieu à travers la décision de mes supérieurs. Le jour où j’aurais dû me rendre à Rome en avion, j’allais à cheval visiter une communauté perdue dans la montagne. Je célébrais la messe et priais pour les malades. Tandis que je priais en langues me vint à l’esprit un mot très fort: épilepsie. Je continuais à prier puis je gardais le silence et enfin, je pris le risque de la foi en demandant: Y a-t-il ici quelqu’un qui souffre d’épilepsie? Le Seigneur est en train de te guérir. Il y eut quelques moments d’un silence très intense qui me parurent une éternité, puis la directrice de l’école leva la main et dit: — « Mon Père, c’est ma fille, regardez-la. » À côté d’elle était une jeune fille d’environ quinze ans qui suait et tremblait. Elle était malade depuis sa naissance. Mais le Seigneur l’a guérie complètement et elle n’a plus eu d’attaques. C’était la première fois que le Seigneur me donnait une parole de science. Le jour où j’obéis à mes supérieurs, le Seigneur me fit un don qui m’a beaucoup plus servi dans mon ministère que toutes les conférences que j’aurais pu écouter à Rome. La parole de science est un charisme de l’Esprit qui surprend beaucoup ceux qui vivent cette expérience. C’est la communication d’une certitude intérieure, d’une certitude qui ne s’acquiert ni par la réflexion, ni par la déduction. C’est comme une idée qui envahit notre esprit avec intensité. Celle-ci nous accapare comme un mot sans son, une parole qui vient de l’intérieur de notre être et reste présente dans notre esprit pendant longtemps. Et il en résulte qu’avec cette pensée dans notre esprit, nous sommes sûrs de quelque chose dont nous savons que cela ne vient pas de nous mais bien à travers nous. Ce qui est certain c’est que cela existe. Je crois que Nathan a eu une parole de science quand il découvrit le secret du coeur de David. (2 Sam 12. 1-15) Pierre a eu aussi une parole de science dans le cas d’Ananie et de Saphire. (Actes 5, 1-11). La parole de science semble du même ordre que la prophétie.

Un jour, je prêchais une retraite à Samana, en République Dominicaine. Au milieu de l’exposé, me vint une parole de science que je retournais avec insistance dans mon esprit. Pour me concentrer sur ma conférence, je m’arrêtai et je dis: Il y a ici un homme qui est venu à la retraite on défiant sa femme. Elle l’invita en lui garantissant que s’il venait, il changerait de vie. Il répondit: « j’irai à ta retraite, mais je ne changerai pas.» Cet homme est ici et le Seigneur lui dit qu’il respecte sa liberté. Mais qu’il se souvienne de ce qu’a dit saint Augustin: « Je crains Dieu qui passe et ne revient pas.

Dans la partie arrière de l’église, un homme grand et fort tomba à genoux et commença à pleurer. Après la messe, il s’approcha du prêtre et lui confirma tous les détails de la parole de science. Il se confessa, donna sa vie à Dieu et ajouta: « Mon père ai vous avez besoin de moi pour quelque chose, je suis disponible. » Il s’agit donc d’une idée claire qui nous arrive à la pensée. Au fur et à mesure que nous la communiquons, des détails apparaissent. Cette expérience est semblable à celle de la lecture d’un message écrit sur des serviettes d’une boîte de Kleenex: sur la première serviette se trouvent les mots que je dois lire, ensuite je retire cette serviette et je lis ce que dit la seconde. On ne peut lire ni comprendre ce qui est écrit sur la troisième si on n’a pas lu les 2 autres. De même on communique le premier message et aussitôt après on complète celui-ci au fur et à mesure de sa transmission. Comment reconnaître l’authenticité d’une parole de science? Uniquement par les résultats. Les témoignages sont le thermomètre qui détermine ai la parole vient du Seigneur ou non. Certains ministères ne produiront du fruit que s’ils sont accompagnés par des témoignages: ainsi, par exemple, si on annonce des guérisons par une parole de science mais que celles-ci ne sont pas confirmées par des témoignages, cela paraîtrait douteux et pourrait susciter des critiques plutôt que des louanges à Dieu. En novembre 1982, je prêchais une série de retraites en Polynésie française. On prépara une messe pour les malades sur les terrains de l’archevêché de Tahiti. Ce soir-là, il y avait plus de   5 000 personnes sur l’esplanade, sous un ciel plein d’étoiles qui me rappelait la promesse de Dieu à Abraham. Après la communion, je fis une prière pour les malades. Toute cette foule priait en langues. C’était un moment plein de ferveur et de foi. Tandis que l’Esprit chantait en nous, des paroles de science commencèrent à venir. Ces messages sont facilités par la prière en langues car le canal de notre esprit est vide et donc plus disponible pour recevoir la Parole du Seigneur. Parmi ces paroles, il y en eut une qui me surprit par sa précision. Je la transmis telle qu’elle m’est arrivée à l’esprit: « Il y a ici une personne qui vient à la messe pour la première fois. Elle est venue de très loin. Elle souffre de la colonne vertébrale à la hauteur de la quatrième vertèbre. Sa douleur a été causée par la chute d’une noix de coco. En ce moment une grande chaleur t’envahit dans le dos. Le Seigneur est on train de te guérir. Tu donneras bientôt le témoignage de ta complète guérison. » Le jour suivant nous avions une autre célébration eucharistique. L’assemblée avait encore augmenté. Nous y avons vécu une expérience inoubliable de la puissance et de la miséricorde de Dieu. Avant de terminer nous avons profité de l’occasion pour demander des témoi­gnages de personnes guéries la veille. Nous avons entendu des témoignages merveilleux. Entre autres, il y avait celui d’une dame qui nous a dit: Moi, je suis protestante depuis ma naissance. Je n’avais jamais assisté à une messe catholique jusqu’à hier. Comme je souffrais beaucoup de la colonne vertébrale, et apprenant que le Seigneur avait guéri plusieurs malades durant l’ Eucharistie de la veille, je me suis laissé convaincre par une amie et je suis venue hier soir pour demander à Dieu ma guérison, même si je devais faire un long trajet pour venir ici. Quand le prêtre a annoncé qu’une personne qui souffrait de la colonne vertébrale était on train de guérir, j’ai senti une chaleur intense me monter dans le dos. Quand il ajouta que c’était au niveau de la 4e vertèbre, je compris que c’était moi. Mais ce qui m’étonna le plus, ce fut lorsqu’il affirma que ce mal avait été causé par la chute d’une noix de coco. Il y a un an et demi, alors que je vendais des noix de coco aux touristes, je les faisais tomber du cocotier avec un bâton. Et il m’en tomba une dans le dos, blessant ma quatrième vertèbre. Comme j’étais enceinte alors, je ne pouvais être opérée. Le médecin préféra attendre que naisse l’enfant avant de m’opérer. il me dit qu’il ne savait pas bien comment opérer car la vertèbre s’était comme soudée. Moi, je souffrais beaucoup, surtout la nuit, cherchant une position plus commode dans mon lit pour m’endormir. Hier soir, quand je sentis cette chaleur et ce tremblement, je pleurais beaucoup. Je sentis une grande présence du Seigneur on moi. En arrivant chez moi, je me rendis compte que j’étais complètement guérie. Moi, je n’ai plus aucune douleur dans la colonne vertébrale et je veux rendre grâce au Seigneur publiquement. Moi aussi, je rendis grâce au Seigneur car les détails étaient tous exacts ce qui m’aida à croire encore plus moi-même à la parole de science en tant que parole qui nous vient de l’ Esprit et non comme sensation physique ou connaissance psychologique car les détails sont trop exacts pour être le fruit de l’imagination. Dans ce cas précis, je pus vérifier par la cassette du témoignage enregistré que tous les détails coïncidaient. Quand cette dame donna son témoignage, tous louaient le Seigneur et la foi dans la présence de Jésus Ressuscité grandit encore plus dans la communauté chrétienne. C’est la même chose qui arriva à la Samaritaine au puits de Jacob quand Jésus lui révéla à travers une parole de science: « Tu as eu raison de dire que tu n’avais pas de mari car tu en as eu 5 et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari. En ceci tu dis vrai. » Après sa conversation avec Jésus, la Samaritaine sortit de la ville en courant et dit aux gens « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Messie? » (Jean 4,29) Ainsi, de même qu’à travers une parole de science se convertit le peuple de Samarie, ainsi par ce charisme de la parole de science, la communauté s’édifie, la foi grandit et l’assemblée loue le Seigneur. Un jour le Cardinal Suenens me demanda de faire un article pour expliquer comment cette parole de science nous vient à l’esprit. Je lui répondis: Éminence, je ne sais pas bien comment expliquer ce charisme. C’est aussi difficile que si vous me demandiez de faire un article sur la manière dont une distraction nous vient à l’esprit. Lors de l’été 1982, on me demanda de faire 9 émissions de télévision sur le Renouveau Charismatique pour le poste CHOT à Ottawa. Ces émissions d’une demi-heure furent enregistrées sur vidéo-cassettes pour être trans­mises à la fin de l’automne suivant. Pendant la prière pour les malades dans la dernière émission, j’eus certaines paroles de science annonçant les guérisons que le Seigneur était on train de faire. Je dis: En ce moment, il y a un homme qui est seul dans un hôpital. Il est malade du dos mais le Seigneur est en train de le guérir. Il sent une chaleur qui envahit son dos. Il peut se lever et marcher. En rentrant chez moi, je me rappelais que l’émission ne passait pas en direct mais qu’elle serait transmise plusieurs mois après. J’étais un peu perplexe et je pensais même: « Peut-être que cet homme n’est pas encore rentré à l’hôpital et moi j’ai déjà annoncé sa guérison au Nom du Seigneur. » Je ris beaucoup de l’humour de notre Dieu. À la fin du mois de janvier, je reçus une lettre de B.G. qui avait eu un problème délicat et il m’écrivait ceci: « 16janvier 1983 à cause d’une maladie, j’ai cessé de travailler: j’avais deux vertèbres déplacées dans le dos. Les exercices et la thérapie ne servirent à rien. En décembre, je fus soumis à une intervention chirurgicale qui dura 4 heures et j’obtins le mouvement de ma jambe droite.Le jour de mon opération le 9 décembre, mon coeur fut déchiré par une épreuve terrible pour moi et ma famille. Le 18décembre, j’étais à l’hôpital, faible physiquement et moralement. Ma foi paraissait morte. À 18h35, j’allumais la télévision. L’émission « Amour sans frontières », s’ache­vait et vous disiez: « Un homme seul dans sa chambre d’hôpital souffre du dos et en ce moment Jésus commence à le guérir. Il sent une grande présence de Dieu dans tout son être. Plus tard il témoignera de sa guérison. » C’est ainsi que s’acheva l’émission. Il ne restait pas assez de temps pour le chant final. Moi, j’étais tout on pleurs, profondément impres­sionné. Comment, me disais-je, Jésus pouvait-il s’unir à un coeur si blessé, si frustré et si fermé? Mais n’est-ce pas pour ces coeurs qu’il est mort? Aujourd’hui, un mois plus tard, je vous raconte cela. Ma guérison progresse merveilleusement. Pour la première fois de ma vie, je connais la paix du pardon sans conditions. Comme à Tahiti, tous les détails étaient vérifiés. La seule chose, un peu spéciale, était que le Seigneur m’avait annoncé en juin une guérison qui allait se faire le 18 décembre suivant et moi j’avais dit « en ce moment... » À travers ce témoignage, j’ai appris quelque chose de beaucoup plus important. Le Seigneur n’est pas limité par le temps: Lui, il pouvait donner une parole qui annonçait ce qui arriverait après, en disant « en ce moment-ci ». De cela, je conclus que Dieu n’a ni horloge, ni calendrier. Il est l’éternel présent.

 

V

 

LA GUÉRISON

Il existe trois types de maladies et chacune d’elles requiert une prière spéciale pour sa guérison. 1) La maladie corporelle causée par de multiples causes requiert une simple prière de guérison physique. 2) La maladie du coeur causée par une blessure émotionnelle demande une prière de guérison intérieure. 3) La maladie de l’esprit due au péché, Jésus la guérit grâce à la foi en nous convertissant. Nous voulons seulement souligner 2 points essentiels: 1)  L’unité de l’être humain: Bien que composé d’un corps, d’une âme et d’un esprit (I Thes, 5,23), l’être humain est un et indivisible. Nous ne l’avons divisé que pour des raisons pédagogiques. 2)  L’interdépendance: Le corps, l’âme et l’esprit sont reliés à des niveaux qu’on ne peut préciser. Mais ils dépendent toujours les uns des autres.

 

A. Maladie du corps et guérison physique En premier nous ne pensions pas approfondir ce thème de la guérison physique puisque tout le livre est un témoignage vivant de l’action « guérissante » du Seigneur.En outre, on a déjà écrit de nombreux et très bons livres et articles sur ce thème si passionnant du Renouveau Charismatique. Nous voulons seulement témoigner que l’ Évangile est vrai au XX e siècle en ajoutant certaines considérations qui nous paraissent pertinentes. Toute l’activité salvatrice de Dieu s’est manifestée sous deux formes: Par les faits et par les paroles. St Luc synthétise merveilleusement l’action de Jésus quand il dit: Dans le premier livre, ô Théophile, je t’ai écrit tout ce que Jésus a fait et enseigné (Actes 1,1). Le Concile Vatican II nous montre les deux faces de la même pièce de monnaie quand il affirme: « La révélation se fait par des actes et des paroles intrinsèquement liés entre eux. De même que les actes manifestent et confirment la doctrine, ainsi les paroles à leur tour proclament les actes et les expliquent.» (Dei Verbum, n : 2). À la fin il conclut comment le Christ Jésus (Événement et Parole de Dieu) est la plénitude de la révélation. Il y en a qui affirment que l’important est la guérison spirituelle et non pas la guérison physique. D’autres pensent que les guérisons sont accidentelles; que le charisme de guérison n’est pas essentiel et que par­dessus tout doit être la charité. Je crois que cette distinction « essentiel-accidentel » n ‘apparaît pas dans le Nouveau Testament. Plutôt que de faire des divisions, nous devons nous demander: Dieu veut-il guérir ses enfants? Quant au fait que la Charité soit le charisme par excellence, je suis complètement d’accord, mais qui peut nier que la guérison soit un véhicule merveilleux par lequel se révèle la charité envers ceux qui souffrent? La charité n’est pas éthérée ni abstraite mais concrète comme une personne guérie. Le don de guérison est fondamentalement un don de charité. Dans les évangiles, apparaît 40 fois le verbe « guérir » et de plus, en une douzaine d’occasions le verbe que l’on traduit généralement par « sauver » signifie aussi « gué­rir ». C’est-à-dire que l’acte de « sauver » inclut l’action de «guérir ». Courage, ma fille ta foi t’a sauvée = guérie. Et à partir de ce moment, la femme fut guérie sauvée (Mt 9,22). Et tous ceux qui touchèrent le manteau de Jésus furent sauvés guéris. (Mt 14,36). Ne crains pas, aie seulement la Foi et ta fille sera sauvée = guérie (Luc 8,50). Voyez à ce sujet: (Mat. 14,36) (Marc 3,4; 5,23-28; 6, 56; 10, 52) (Jean 11,12) (Act 14,9). Le salut apporté par Jésus saisit l’homme tout entier. Jésus n’est pas venu sauver seulement les âmes. L’homme tout entier l’intéresse: corps et âme.

a) Jésus Il serait superflu et épuisant d’offrir des citations bibliques sur le ministère de guérison de Jésus. Tout l’ Évangile n’est qu’une interminable chaîne d’actes miséricordieux de Jésus qui guérit les malades. Nous voulons seulement présenter quelques textes qui ont une signification spéciale. En premier lieu, la présentation du ministère de Jésus: L’ Esprit du Seigneur est sur moi car il m’a oint pour annoncer aux pauvres la Bonne Nouvelle, il m’a envoyé proclamer la libération des captifs, rendre la vue aux aveugles, libérer les opprimés et an­noncer un an de grâce du Seigneur. (Lue 4, 18-19). C’est ainsi que nous voyons que la mission de Jésus était de guérir tant physiquement qu’intérieurement et de libérer de tout lien qui rend l’homme esclave, spé­cialement du péché. (cf. Mt 4, 23-25). Jésus dit ailleurs, que le médecin n’est pas venu chercher les bien-portants mais les malades, non les justes mais les pécheurs. Sa mission ne se discute pas, le problème est que nous reconnaissions la nécessité de son salut. C’est pourquoi il nous fait une recommandation qui est une parole pleine de miséricorde et de confiance: Venez à moi vous tous qui êtes épuisés et ployez sous vos fardeaux car moi je vous soulagerai (Mt 11,28).

Son nom en hébreu, Y’shua, signifie « Dieu sauve ». Il est le Salut intégral de tout l’homme et de tous les hommes.

b) L’ Église Comme le père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. (Jean 20,21). Les 12 apôtres poursuivent dans le temps et l’espace l’ oeuvre de salut de Jésus. Ce sont les responsables de la diffusion des fruits de l’ oeuvre rédemptrice du Christ Jésus. Ils sont envoyés pour prêcher et guérir tout à la fois. Ils ne sont pas seulement ceux qui transmettent une parole mais aussi les porteurs du salut de Jésus. L’ Église n’est pas seulement celle qui annonce la Bonne Nouvelle qui nous a sauvés mais aussi celle qui porte ce salut (le sacrement de salut) (Textes: Mt 10, 5-8, Luc 9,16). Cette mission ne se réduit pas aux douze mais touche les soixante-douze disciples. Guérissez les malades que vous trouverez et dites- leur: le Royaume de Dieu est proche (Luc 10,9). Et, à la fin de l’évangile de Marc, nous voyons que cette mission s’étend non seulement aux 12, aux 72 mais aussi à « tous ceux qui croient. » Allez dans le Monde entier, partout proclamez la Bonne Nouvelle. Voici les signes qui accompagneront ceux qui croiront: en mon Nom, ils expulseront les démons, ils parleront des langues nouvelles, ils prendront des serpents dans leurs mains et même s’ils buvaient du poison celui-ci ne leur ferait aucun mal. Ils imposeront les mains aux malades et ceux-ci seront guéris. (Marc 16,15-18). La dernière phrase de l’évangile de Marc n’est pas la fin de l’évangile, elle se prolonge jusqu’à nous. Ils sortirent prêcher de toutes parts, le Seigneur les aidait et confirmait sa Parole par des signes qui l’accompagnaient (Marc 16,20). L’une des caractéristiques qui distingue l’authentique apôtre est la présence de signes, de prodiges et de miracles. (2 Cor. 12,12 et Romains 15,19).

c) Les signes Curieusement nous trouvons dans le 4e évangile que Jean ne parle pas de miracles ou de guérisons mais de «signes». Un signe nous mène toujours au signifié. Aussi, comme la fumée nous montre l’existence du feu, ainsi un miracle ou une guérison nous signifie que Dieu est là en train d’agir et de sauver. Ce sont des signes visibles de l’action invisible de Dieu. Les guérisons sont des phares qui nous indiquent: 1) Que Jésus est Vivant aujourd’hui et qu’il a le même pouvoir qu’en Samarie et en Galilée pour guérir les malades. 2) Que Dieu nous aime et veut le salut intégral de l’homme, de son corps et de son âme. 3) Que Jésus est le Messie. Quand les disciples de Jean-Baptiste allèrent demander à Jésus ai c’était lui le Messie, lui ne répondit pas mais commença à guérir les malades. Souvent on n’admet pas les miracles et les guérisons car ils impliquent aussi l’acceptation de Jésus et de ses exigences. Comme accepter les signes implique d’en reconnaître le signifié. C’est pour cela qu’on les nie.

Après une retraite, je revins chez moi et racontai les merveilles du Seigneur. Il y avait un prêtre français qui m’écoutait attentivement, mais incrédule. Je lui racontai comment, pendant la Messe de guérison, le Seigneur rendit la parole à l’épouse de l’animateur du groupe de prière. Elle venait de donner publiquement son témoi­gnage devant la foule, alors que depuis 4 ans et demi, elle ne pouvait plus prononcer une seule parole. Mais le prêtre me dit, très sûr de lui:        — « Le miracle n’est pas là où tu crois.»

— « Comment, demandai-je, que dis-tu ? » et lui de répondre: — « Le miracle n’est pas dans le fait qu’elle puisse parler mais bien dans celui qu’une femme ait passé 4 ans et demi sans parler... » Les guérisons ne sont pas des démonstrations de la véracité d’une doctrine. C’est Dieu qui sauve. Jésus ne guérit pas pour prouver qu’il est Dieu, mais parce qu’il est Dieu. Tout signe sert à manifester quelque chose. Telle est la finalité des guérisons que le Seigneur réalise. Elles viennent nous rappeler, en ce temps régi par l’efficacité et le pragmatisme, que notre Dieu est présent au milieu de nous et est capable de faire des merveilles. Elles démontrent le pouvoir de Dieu pour que nous nous abandonnions pleinement à Lui, dans tous les aspects de notre vie humaine. Que les miracles soient des signes, le témoignage suivant le montre: Un après-midi, je rendais visite à un policier, le capitaine Munoz. Il agonisait dans son lit. Il ne mangeait plus depuis 50 jours. Il ne buvait que de l’alcool toutes les 3 heures. Nous avons prié pour lui et le Seigneur le libéra de son penchant pour l’alcool d’une manière extraordinaire. Il cessa aussitôt de boire et n’eut pas même besoin de passer par l’hôpital pour sa désintoxication. Je me souvins de cette parole de la Sagesse: Ce n’est ni herbe ni cataplasme qui leur rendit la santé, mais ta parole, Seigneur, elle qui guérit tout. (Sagesse16:12). Le lendemain, il remplaça la bouteille de rhum par la bible et la lisait en pleurant et disait: « Comme le Seigneur est bon!»

Cependant, cela m’attira beaucoup de problèmes car le lendemain il y avait des cris, des disputes en dehors de l’église. Les femmes dont les époux buvaient, faisaient la queue et essayaient de maîtriser leurs maris pour que nous priions pour eux. C’était curieux de voir plus d’ivrognes dans l’église que dans les cantines et les bars. Le Seigneur voulut libérer ce policier de la sorte pour éveiller la foi en son NOM, mais cela ne se produisait pas ainsi dans tous les cas. Les malades ayant confiance en Jésus devraient aussi y mettre du leur. De même que tous les policiers ne sont pas des ivrognes comme le Capitaine Munoz, de même tous les ivrognes ne reçoivent pas la santé de la même manière. Mais ce qui est important c’est qu’à travers un cas comme celui-là croisse la foi dans le pouvoir sauveur de Dieu qui peut changer notre vie de la manière qui lui plaît.

d) Miracles et guérisons Toutes les guérisons ne sont pas des miracles du Seigneur. il y a des guérisons obtenues par la prière qui ne doivent pas être considérées comme des miracles. Nous parlons de miracles quand il s’agit d’une guérison qu’aucune science médicale ne pourrait obtenir et que Dieu réalise. Dans les cas où le Seigneur accélère le processus de guérison, qu’on aurait pu obtenir par une opération, le repos ou autre moyen, nous disons simplement « Guérison ». Ainsi toute guérison reçue dans la prière ne peut-elle pas être appelée « miraculeuse. » À Lourdes, parmi les nombreuses guérisons qui ont été obtenues en un siècle, très peu ont été acceptées comme « miraculeuses » comme l’indique la statistique suivante: « Depuis Catherine Latapie, guérie en mars 1858 jusqu’à Serge Perrin guéri en 1978, 64 guérisons miraculeuses ont été confirmées par l’Église. Cependant il ne faut pas oublier qu’en 1972 il y avait déjà consignées dans les archives 5,432 cas connus de guérisons.» Un exemple d’une guérison miraculeuse serait le cas d’Anita Siu de Sheffer. Là, le Seigneur fit ce que la médecine ne pouvait pas faire. Lors d’un accident d’automobile, dix ans auparavant, au Chili, une lésion cérébrale lui fit perdre complètement le goût et l’odorat. Étant d’une classe sociale aisée, elle alla dans les meilleurs hôpitaux des États-Unis espérant recouvrer la santé. Après examens et thérapies, les médecins l’informèrent de l’impossibilité d’opérer car les fibres de transmission de ces fonctions étaient plus fines qu’un cheveu. Textuellement ils lui avaient dit que seul un « miracle» pourrait lui faire récupérer ces deux sens. Elle perdit l’espoir de pouvoir à nouveau goûter les saveurs et sentir les parfums et les fleurs. Lors de la Messe des malades à Chitré, Panama, le Seigneur nous donna plusieurs paroles de science sur ce qu’il était en train de faire dans l’assemblée. L’une d’elle disait: — « Il y a ici une dame qui souffre d’une maladie très sérieuse. Elle va être guérie au cours de la nuit et demain elle témoignera de sa totale guérison.» Le lendemain Anita se rendit compte qu’elle avait récupéré son odorat. Elle s’éveilla avec la douce odeur des roses qui étaient auprès de sa fenêtre et de l’arôme du café dans la cuisine. Elle se leva d’un bond, et raconta la merveille à son époux. Elle déjeuna, les larmes aux yeux et se rendit compte aussitôt qu’elle pouvait savourer les aliments pour la première fois depuis son accident. Ce qu’aucun médecin de ce monde ne pouvait faire, le Seigneur Jésus, maître de l’impossible, l’avait fait. Ensuite, pleurant de joie, elle dit à toute l’assemblée: J’ai 2 enfants mais jamais je n’avais pu sentir leur odeur. Vous les mamans, vous savez ce que c’est que de sentir l’odeur de vos enfants. Eh bien, ce matin, je me suis approchée d’eux, je les ai embrassés et j’ai commencé à sentir doucement leur odeur. (1)  cf. « La guérison dans la mission de l’Église », p. 132. par l’Abbé G. Seigneur, Éditions S.O.S.. rue du Bac, Paris. Un autre très beau témoignage de guérison mira­culeuse fut écrit par la personne elle-même dans sa lettre du 25août 1981: Je souffrais d’arthrite rhumatoïde. Ce n’est pas une maladie que l’on peut confondre avec l’arthrite ou les rhumatismes, maladies propres aux personnes d’un certain âge, sans graves conséquences. L’arthrite rhumatoïde a des causes inconnues et on ne sait la guérir. Elle attaque les articulations en produisant une grande douleur et l’organisme les rejette. La personne a le corps qui durcit, se déforme et finit sur un fauteuil roulant. Cela commença en octobre dernier par des douleurs dans les chevilles, les genoux, et les poignets, avec une fatigue générale. Pensant que ce n’était pas grave, j’allais chez le médecin qui me fit faire des analyses qui permirent de déceler l’arthrite. Le laboratoire me recommandait d’aller aux États-Unis pour chercher un traitement. Dans le centre arthritique où j’étais soignée, je fus très impressionnée par les différentes phases de la maladie. Le docteur Alonso Portuondo, le spécialiste, confirma le diagnostic et me dit que cette maladie était incurable. On ne pouvait que la rendre stationnaire avec des sels d’or. Le remède a des effets négatifs: j’eus des éruptions sur tout le corps, perdis mes cheveux et les ongles des pieds. Mon taux de plaquettes sanguines et de globules blancs devint anormal. Alors, vint au Paraguay le Père É. Tardif. Je l’écoutais pour la 1re fois en l’église de Saint-Alphonse. Au moment de la guérison, je sentis que mon coeur allait exploser, il battait si fort que j’entendais ses palpitations. La seconde fois ce fut en l’église du Colonel Oviedo. De nouveau, au moment de la prière de guérison, je sentis un tremblement dans tout le corps. Le Père dit qu’en ce moment-là, deux femmes atteintes d’arthrite étaient en train de guérir. Il leur dit de s’agenouiller. En vérité, je n’eus pas le courage de le faire car je n’étais pas con­vaincue qu’il s’agissait de moi et je ne croyais pas à ce type de guérison, peut-être par manque de foi. J’allai à une troisième messe. Alors, mes douleurs avaient disparues et je ne prenais plus de médicaments. Ma mère s’informa chez la Soeur Marguerite Prince quel était le jour du départ du Père Émilien, et nous avons pu le rencontrer de nouveau à l’aéroport. Il fit alors avec le Père André Car une prière pour ma guérison. En terminant, il me dit: « ne dis plus , j’ai de l’arthrite mais “j’en avais” car tu es guérie. » Mes douleurs disparurent et je ne prenais plus de médi­caments (alors que j’étais arrivée à la dose de 12 ascriptins par jour et à des piqûres hebdomadaires de sel d’or). Je fis des analyses et vis que j’étais réellement guérie. Le docteur Nicolas Breuer, homme très croyant qui est mon médecin a Asuncion me dit: « Il faut admettre qu’au-delà de la Science, il y a quelque chose de supérieur et rien ne lui est impossible. » Les médecins m’expliquèrent que la personne qui souffre de cette maladie ne perd jamais, même dans l’hypothèse de sa guérison, l’arthritest, marque qui demeure toute sa vie. C’est comme le malade qui a eu un infarctus, il en garde la cicatrice dans son coeur. Alors que moi, je n’ai plus de trace de l’arthritest. La seule explication en est un miracle de Dieu (Marie Thérèse Galeans de Baez). Ceux qui pensent que les guérisons sont quelque chose de superficiel dans le ministère de Jésus se trompent complètement. Ceux qui croient que l’on n’a plus besoin de guérisons aujourd’hui, et que l’essentiel est d’annoncer l’évangile, oublient la méthode pastorale de Jésus. Nous, nous planifions et recherchons mille formes pour attirer les gens qui viennent de moins en moins à l’église. Nous organisons fêtes, concerts, partages etc. et les résultats sont pauvres. Jésus, lui, guérissait les malades et les gens venaient en masse. Si nombreux qu’un jour on fit passer un paralytique par le toit de la maison de Pierre car il n’y avait pas moyen de passer dans la foule. C’est la même chose qui arrive. Quand Jésus guérit . Aujourd’hui, les malades, ce sont des foules qui viennent, des foules qui ne tiennent même pas dans les stades et c’est alors que nous leur annonçons le Royaume de Dieu. Les conséquences sont beaucoup plus grandes que les simples guérisons physiques. Car les signes du pouvoir de Dieu ne sont pas seulement un spectacle, ils aident efficacement le renouveau de la vie de foi. C’est ce que dit la lettre de l’archevêque de Tahiti à mon supérieur provincial dont nous transcrivons intégralement la première partie: Papote 30/11/80 Mon Révérend Père, Absent du diocèse pendant tout le séjour du Père Tardif du 21 octobre au 14 novembre, j’ai constaté dès mon retour le 26 novembre le changement dû à son passage. Je ne reviens pas sur la description que vous a déjà faite le P. Hubert, mon frère, je voudrais simplement vous dire

1 Le nombre des pratiquants le dimanche a consi­dérablement augmenté

2 - Un certain climat œcuménique s’est instauré

3 - La vie spirituelle partout naît ou renaît

4 — Les conversions ont été importantes et les confes­sions extrêmement nombreuses

5 - Le clergé, les religieuses, les frères.. ont grande­ment apprécié la prédication du P. Tardif

6 — Les mariages en préparation vont permettre la régularisation de quantité d’union illégitimes et certainement un renouveau de la vie familiale . Jamais le diocèse n’a connu une telle poussée de foi — Nous avons eu 2 Synodes, une Révision Apostolique, des retraites assurées par d’excellents prêtres dans les 15 dernières années... nous avons connu des grandes manifestations religieuses… mais aucun résultat populaire — et profond, comparable à celui-ci. Michel Coopenrath Archevique de Papete Un seul exemple entre mille de ce qui arriva à Tahiti suffit: Pendant la Messe pour les malades, un aveugle commença à pleurer pendant l’élévation de l’Hostie Sainte, et tandis qu’il séchait ses larmes il commençait à voir. En rencontrant Jésus, lumière du monde, il recouvra la lumière dans ses yeux. Cela impressionna beaucoup Gabilou, célèbre chanteur du Pacifique, 2e prix d’Euro­vision. Il s’inscrivit pour la seconde retraite durant laquelle il se repentit, se confessa et communia. Lors de la messe de clôture il témoigna en disant: « Il y a eu ici beaucoup de guérisons, mais la plus grande c’est moi qui l’ai reçue car le Seigneur m’a guéri spirituellement. Cela faisait 16 ans que j’étais éloigné de la vie chrétienne et des sacrements mais pendant cette retraite j’ai rencontré Jésus, et je ne veux plus vivre ni chanter que pour Lui. » Il répéta son témoignage à la télévision et ensuite dans le Stade devant 20 000 personnes. Aujourd’hui, il évangélise avec des chants charismatiques, interpelant les jeunes. Jésus est aussi le Seigneur des chanteurs et des artistes.

Les guérisons ont un objectif très clair dont nous devons tenir compte. L’ Archevêque de Brazzaville l’a manifesté d’une façon magnifique dans une lettre circu­laire à toutes les paroisses de son Archidiocèse que nous transcrivons partiellement ici:

Brazzaville 7 octobre 83 Nous avons été très contents de la prédication du Père Tardif qui a repris le thème du centenaire de l’évangé­lisation du Congo: le renouveau de la foi. Ces prédications furent souvent accompagnées de guérisons spirituelles, morales et physiques. Le spectacle le plus épatant dans ces guérisons, c’était de voir pendant la prière, les malades guérir, les paralytiques marcher, les muets parler. C’était revivre les temps de l’ Église primitive avec Jésus. Mais que personne n’oublie l’objectif de ces signes miraculeux de Jésus : ils sont un témoignage pour éveiller la foi de ceux qui ne croient pas et pour fortifier la foi des croyants. Heureux vos yeux parce qu’ils voient et heureuses vos oreilles parce qu’elles entendent. Je vous assure que beaucoup de prophètes et de justes désirèrent voir ce que vous voyez mais ne l’ont pas vu et entendre ce que vous entendez mais ne l’ont pas entend (Matthieu, 13,16-17). Le Père Tardif nous a prêché un évangile de vérité et non de mensonge. Avoir vu ces signes et ne pas croire, voilà ce que Jésus appelle « pécher contre l’ Esprit.Saint » car on se refuse à voir la vérité… ce qui est très grave. La prédication puissante que nous avons vécue laissera une trace profonde dont des générations congolaises parleront pendant longtemps, comme on parle encore de Jésus-Christ, de ses dits et de ses signes. Monseigneur Barthélémy Batantu Archevêque de Brazzaville Je crois que les textes bibliques et même les témoignages des saints dans la Vie de l’ Église sont si nombreux qu’il n’est pas nécessaire de justifier ou d’attaquer les guérisons. Mais la question de fond devrait être: «est-ce que je crois que Dieu peut me guérir? Ai-je la Foi dans le pouvoir de guérison de Jésus qui peut passer à travers moi pour guérir d’autres personnes?» Parfois nous craignons les merveilles de Dieu pour la simple raison que nous ne les comprenons pas. L’évêque de Sangmelima au Cameroun m’avait invité à une retraite sacerdotale. Il convoqua tous ses prêtres, mais l’un d’eux lui dit: Je ne veux pas y aller car là-bas on ne va parler que de miracles et encore de miracles. L’évêque lui répondit: Vas-y, n’aie pas peur. Le thème de la retraite n’est pas la guérison mais la prière. Ce prêtre accepta d’y aller, plutôt sur la suggestion de l’évêque que par conviction. Ainsi commença la retraite. Mais le 3e jour, il se mit debout devant les autres et dit: Je souffrais d’une arthrite déformante dans les mains qui m’empêchait même d’attacher les lacets de mes chaussures. De plus, il faut que je vous dise que je ne voulais pas venir à cette retraite craignant qu’on n’y parlât que de miracles. Mais pendant la messe d’hier, j’ai senti comme une grande chaleur dans les mains. Je veux rendre gloire à Dieu parce que je suis parfaitement guéri. Je peux bouger mes mains... Alors, j’ajoutai en riant: Tu ne voulais pas entendre parler de miracles et mainte­nant c’est toi qui ne cesses de proclamer les merveilles du Seigneur. Tout le monde riait et louait Dieu tandis que lui bougeait les mains et les montrait. Notre attitude doit être celle de l’abandon complet entre les mains du Père d’amour. Il a un plan merveilleux sur nous.

e) Prière pour les malades Le 8 février 1984, nous avons célébré une Eucharistie pour la santé physique des malades qui liront ces pages. Qu’ils s’unissent par la foi à cette prière en déposant leur vie entre les mains de Jésus. Seigneur Jésus, nous croyons que tu es Vivant et ressuscité, nous croyons que tu es réellement présent dans le Très Saint Sacrement de l’autel et en chacun de nous. Nous te louons et nous t’adorons. Nous te rendons grâce, Seigneur, de venir jusqu’à nous, comme Pain vivant descendu du Ciel. Tu es la plénitude de la vie. Tu es la résurrection et la vie. Tu es Seigneur, la Santé des malades. Aujourd’hui, nous voulons te présenter tous les malades qui lisent ce livre car pour Toi, il n’y a pas de distance, ni dans le temps, ni dans l’espace. Tu es l’éternel présent et Tu les connais. Maintenant, Seigneur, nous te demandons d’avoir compassion d’eux. Visite-les à travers ton Évangile, proclamé dans ce livre, pour que tous reconnaissent que Tu es vivant dans ton Église aujourd’hui et que leur foi et leur confiance en Toi soient renouvelées. Nous te supplions, Jésus aie compassion de ceux qui souffrent dans leur corps; de ceux qui souffrent dans leur cœur et de ceux qui souffrent dans leur âme car ils prient et lisent les témoignages de ce que Tu es en train de faire par ton Esprit rénovateur dans le monde entier. Aie compassion d’eux, Seigneur. Dès maintenant, nous te le demandons. Bénis-les tous et fais que beaucoup recouvrent la santé. Que leur foi grandisse et qu’ils s’ouvrent aux mer­veilles de ton amour. Pour qu’eux aussi soient témoins de ton pouvoir et de ta compassion. Nous te le demandons, Jésus par le pouvoir de tes saintes plaies, par ta sainte croix et par ton sang pré­cieux versé pour nous. Guéris-les, Seigneur. Guéris-les dans leur corps. Guéris-les dans leur coeur. Guéris-les dans leur âme. Donne-leur la vie, la vie en abondance. Nous te le demandons par l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, ta Mère, la Vierge des douleurs, celle qui était présente, debout, près de la Croix, celle qui fut la première à contempler tes saintes plaies et que tu nous a donnée pour mère. Tu nous as révélé que tu as pris sur Toi toutes nos douleurs et par tes saintes plaies nous avons été guéris. Aujourd’hui, Seigneur, nous te présentons dans la foi tous les malades qui nous ont demandé une prière et nous te demandons de soulager leur maladie et de leur rendre la Santé. Nous te demandons pour la gloire du Père du ciel, de guérir les malades qui vont lire ce livre. Fais qu’ils grandissent dans la foi, dans l’espérance et qu’ils reçoivent la santé pour la gloire de ton Nom. Pour que ton règne continue à s’étendre de plus en plus dans les coeurs , à travers les signes et les prodiges de ton amour. Nous te demandons tout cela Jésus parce que Tu es Jésus. Tu es le Bon Pasteur et nous sommes tous des petites brebis de ton troupeau. Nous sommes si sûrs de ton amour, que même avant de connaître le résultat de notre prière, dans la foi, nous te disons: Merci Jésus, pour tout ce que tu vas faire en chacun d’eux. Merci pour les malades que Tu es en train de guérir à présent. Que tu es en train de visiter par ta miséricorde. Merci Jésus pour tout ce que tu vas faire à travers ce livre. Nous le déposons entre tes mains à partir d’aujourd’hui et nous te demandons de le plonger dans tes saintes plaies. Recouvre-le de ton sang divin et qu’à travers ce message, ton coeur de Bon Pasteur parle aux coeurs de tant de malades qui vont le lire.

Gloire et louange à Toi, Seigneur!

Le reste du Livre voir partie B

 

 

 

 

 

 

Programmation: Patrick Allaire, ptre
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