Don de guérison PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Yves Rancourt   
Samedi, 21 Février 2009 12:25

Charisme ou distractions ?

 


Dans le cadre du ministère de guérison que le Seigneur lui avait confié, Émilien avait reçu le charisme de connaissance immédiate, cette perception inspirée, claire et soudaine de ce que l’Esprit est en train d’opérer en une ou plusieurs personnes précises, lesquelles se reconnaissent et peuvent ainsi s’ouvrir à la grâce de Dieu. Car la parole de connaissance fait grandir la foi chez le sujet qui en bénéficie, et dans toute assemblée. Nous avons tous été bouleversés par les paroles charismatiques d’Émilien Tardif, et nous savons d’autre part combien ce charisme peut occasionner de critiques, d’incompréhensions, de scepticisme, lesquels comportent le grand danger " d’étouffer l’action du Saint-Esprit " en une assemblée de prière.

Mais l’exercice des charismes, malgré ses difficultés fréquemment rencontrées, constituait pour le Père Tardif comme une école de simplicité et de docilité au Saint Esprit à laquelle il ne cessait de se mettre. Avec son sens de l’humour habituel, il me disait que c’était sa manière à lui d’avoir des distractions dans la prière…

extrait de la revue : Feu et lumières n 176, article de Phillippe Madre.

 

 

Références:

1508 L’Esprit Saint donne à certains un charisme spécial de guérison pour manifester la force de la grâce du Ressuscité. Même les prières les plus intenses n’obtiennent toutefois pas la guérison de toutes les maladies. Ainsi S. Paul doit apprendre du Seigneur que ma grâce te suffit car ma puissance se déploie dans la faiblesse " (2 Co 12, 9), et que les souffrances à endurer peuvent avoir comme sens que je complète dans ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps qui est l’Église (Col 1, 24).

2003 La grâce est d’abord et principalement le don de l’Esprit qui nous justifie et nous sanctifie. Mais la grâce comprend aussi les dons que l’Esprit nous accorde pour nous associer à son oeuvre, pour nous rendre capables de collaborer au salut des autres et à la croissance du Corps du Christ, l’Église. Ce sont les grâces sacramentelles, dons propres aux différents sacrements. Ce sont en outre les grâces spéciales appelées aussi charismes suivant le terme grec employé par S. Paul, et qui signifie faveur, don gratuit, bienfait.  Quel que soit leur caractère, parfois extraordinaire, comme le don des miracles ou des langues, les charismes sont ordonnés à la grâce sanctifiante, et ont pour but le bien commun de l’Église. Ils sont au service de la charité qui édifie l’Église.

Catéchisme de l’Église catholique, 1993, le Service des Éditions.

Le don de guérison nous interpelle au centre même de notre existence chrétienne, là où s’articulent ensemble la continuité de notre espérance et la rupture instauratrice de notre foi.

Dans l’univers culturel et religieux qui est celui que nous connaissons, que nous vivons et dont nous sommes imprégnés, il est mal venu de parler de don de guérison. Notre esprit rationaliste, nos réactions psychologiques, certaines interprétations de l’Écriture…tout cela nous conduit à regarder de loin ou à nous méfier de tout ce que le don de guérison peut entraîner avec lui : fidéisme, fondamentalisme, sentimentalisme religieux, attrait parfois morbide pour l’extraordinaire. Ce mouvement de recul peut être également pour nous un réflexe de bon sens devant le passé de l’Église qui n’a pas toujours favorisé la distinction entre la foi et la crédulité naïve qui peut engendrer bien des désordres spirituels et psychologiques. Pourtant les faits sont là!

Non seulement on parle de guérison, ce qui est un premier fait non négligeable, mais encore il y a effectivement des guérisons, ce qui est un deuxième fait (qui n’est pas obligatoirement lié au premier). Et enfin, troisième fait, on retrouve une parenté très grande entre les textes évangéliques parlant de guérisons et les témoignages actuels : même démarche spirituelle centrée sur le pardon des péchés et la foi, importance du geste concret, même confession de Jésus sauveur, la guérison restant signe pour ceux qui croient et signe de contradiction pour ceux qui ne croient pas. Sans vouloir établir, comme à Lourdes, un bureau des constatations pour guérisons, toutes sortes de maladies psychologiques ou physiques ont été stoppées immédiatement ou progressivement par l’exercice de ce charisme.

Les guérisons psychologiques sont les plus courantes; mais il y a plusieurs cas de maladies physiques dites incurables, où nous pouvons seulement constater que nous sommes incapables pour l’instant, étant donné les progrès de la science, d’en expliquer rationnellement la guérison. Le but de cet article n’est pas de reproduire les nombreux témoignages de malades et de médecins (lire pour cela les deux livres de Kathryn Kuhlman et les témoignages d’Agnès Sandford), mais plutôt d’expliquer de l’intérieur le cheminement que suppose la redécouverte dans l’Église des dons spirituels et du don de guérison en particulier. Pour approcher ce don sans trop de risques d’interprétations déformantes il faut le situer dans le courant large et divers du renouveau charismatique.

Depuis quelques années la plupart des confessions chrétiennes sont traversées par un courant spirituel sans précédent dans l’histoire. Des chrétiens de toutes les Églises se rassemblent pour prier, redécouvrent ensemble les grands axes de toute vie chrétienne. " Renouveau Charismatique ", " Néo-Pentecôtisme ", " Renouveau dans l’Esprit ", " Pentecôtisme Catholique "…on y retrouve également les points forts de tout véritable renouveau spirituel : redécouverte de la Parole, vie de Foi, ouverture aux pauvres, élan apostolique, sens de la prière.

Par contre d’autres aspects sont franchement nouveaux et laissent à penser qu’il s’agit là d’une étape importante, définitive disent certains, de la vie de l’Église. Parmi les choses anciennes de ce renouveau, il y a la redécouverte des charismes, des dons spirituels. Il faut relire les épîtres de Paul et les Actes des Apôtres pour comprendre ce quj se passe aujourd’hui : ce qui apparaît extérieurement comme plus nouveau dans ce renouveau est en fait ce qu’il y a de plus ancien! Parmi les différents dons de l’Esprit saint Paul signale le don de guérison.

Extrait de la revue Concilium

(nov. 1974) p. 125-126. Par Georges Combet et Laurent Fabre

referencement

Mise à jour le Vendredi, 21 Novembre 2014 14:48